lundi 25 janvier 2010

Une polémique indécente



« Il est indécent de mettre en balance la solidarité aujourd’hui indispensable avec Haïti et la construction d’un lieu de mémoire inscrit dans la chair de notre ville »



Le Mouvement des Alternatifs et ses deux conseillers municipaux nantais, Louisette Guibert et Bertrand Vrain, sont indignés par la polémique engagée par Sophie Jozan, élue UMP à Nantes, à propos du soutien à Haïti et du Mémorial à l’Esclavage.

Les Alternatifs dénoncent une attitude coloniale, démagogue, faisant plus appel à la charité qu’à la solidarité. Le peuple de Haïti a acheté sa liberté et a payé aux Nantais tout particulièrement son indépendance. Et nous savons que, de façon non formelle, la colonisation a continué jusqu’à nos jours.

Il est indécent de mettre en balance la solidarité aujourd’hui indispensable avec Haïti et la construction d’un lieu de mémoire inscrit dans la chair de notre ville. Rappelons que les 43% des navires négriers français sont partis de Nantes (1710 expéditions). Et que ce sont les armateurs nantais qui ont peuplé Saint Domingue.

La construction du Mémorial à l’esclavage s’inscrit dans un mouvement qui doit faire de Nantes le lieu de référence international d’histoire et de luttes contemporaines contre toute forme de traite des êtres humains et d’esclavage.

Face à l’indécente annonce du Ministre Besson de suspendre provisoirement les reconduites des haïtiens sans papiers, les Alternatifs renouvellent leur exigence d’une régularisation immédiate.

Louisette Guibert et Bertrand Vrain

vendredi 18 décembre 2009

L'irresponsable développement du chauffage électrique


par Bertrand Vrain


Bon sang, il fait froid et voilà qu’EDF prévient qu’il pourrait y avoir coupure de courant, ce qui ne manque pas de faire ressortir la demande de croissance des moyens de production qui seraient donc insuffisant pour répondre à la demande ; c’est à peu près la même chose chaque année en fonction de la rigueur de l’hiver. Nous avons voté à Nantes l’excellente délibération sur une OPAH audit énergétique au dernier conseil municipal. Rappelons que la moitié des aides du CCAS concernent des difficultés pour payer l’énergie et en premier lieu l’électricité : les personnes modestes ont parfois du mal à se payer des installations de chauffage performantes pour des locaux qui sont souvent des passoires thermiques. Le chauffage avec des convecteurs électriques est souvent, dans ces conditions, la cause de ces malheurs.

Mais pourquoi donc nous risquons la coupure de courant ? Parce que le chauffage électrique, qui équipe au moins 60% des logements neufs, est très sollicité car il fait froid : la puissance appelée maximale, en ce moment 90 000 MW environs, dépasse et de loin la même pointe de 19 heures un mois plus tôt à moins de 70 000 MW qui elle-même était largement supérieure au creux de 16 heures à moins de 60 000 MW, dépassant largement le creux de la nuit à moins de 50 000 MW. Ainsi, faire varier la puissance de plus de 50 % nécessite le recours aux moyens de production très médiocres en rendement, turbines à gaz ou centrales thermiques à flamme, particulièrement émetteurs de CO2.

Ces variations de puissance se font sur un rendement global de production électrique particulièrement mauvais : 1 KWh utilisé à la prise de courant nécessite au moins 3 KWh en production à la centrale, résultat du principe même des centrales à condensation, qu’elles soient thermiques classiques ou nucléaires.

Contrairement aux dires des promoteurs du chauffage électrique, celui-ci n’est pas sans émission de CO2. Alors que le nucléaire n’émet en moyenne que 50 gCO2/KWh, le recours aux moyens de production utilisant des combustibles fossiles fait monter ce chiffre à 600 gCO2/KWh voire plus, ce qui est très loin du bilan d’un chauffage gaz où les rejets sont de 200 gCO2/KWh/PCI. N’oublions pas que la moitié environs de la consommation de chauffage se produit pendant les 4 semaines les plus froides de la saison.

EDF a promu le chauffage électrique dès le début des années 70, bien avant la montée du nucléaire fin 70. Depuis, le phénomène n’a cessé de s’accroître avec un lobby très puissant, y compris dans les collectivités locales, épaulé par tous les partisans de la croissance à tout prix. Cette offensive d’épicier de la part d’EDF a pu s’étendre en raison du faible coût d’installation du chauffage électrique : un grille pain par pièce et c’est bon ; les promoteurs laissent la facture de fonctionnement aux occupants des logements. Cette dérive est très dangereuse car elle crée un déséquilibre du réseau électrique obligeant des importations de courant aux heures de pointe ; notre structure de production électrique est donc incroyablement fragile et dépendante. C’est l’exemple même d’une utilisation irrationnelle de l’énergie à l’encontre d’une sobriété que nous appelons de nos voeux.

La sortie de cette spirale infernale implique non seulement l’arrêt du chauffage électrique dans les logements neufs, fussent-ils à basse consommation, mais sa reconversion en chauffage central classique associé à une isolation renforcée des bâtiments. Nous en sommes loin et le rôle des collectivités locales est fondamental. Force est de constater, au vu d’exemples récents, que nous n’y sommes pas, y compris à Nantes.

mercredi 16 décembre 2009

Une vidéo scandaleusement sexiste sur le site www.jaimemaregion.fr



Dans une période où, dans un débat sur l'identité nationale, on considère - à juste titre - que l'égalité entre les hommes et les femmes est une valeur fondamentale de la République, dans une période où on utilise - à juste titre - le droit des femmes, la liberté, la dignité pour interdire dans l'espace public la burqua, la vidéo intitulée "Jusqu'où irons-nous pour que vous l'aimiez" est totalement scandaleuse.

http://www.dailymotion.com/video/xbi9l6_jaime-ma-region_news

Elle met en scène une jeune femme dénudée, sensée évoquer la région, qui annonce le slogan "Vous aimez les Pays de la Loire. Participez au projet «J'aime ma Région»".

Les femmes luttent depuis des siècles pour l'égalité, et aujourd'hui tout particulièrement contre les violences de genre. La violence symbolique que représente cette vidéo est insupportable pour les femmes des Pays de la Loire.

Au même titre que le voile et la burqua, il s'agit d'une atteinte intolérable aux droits des femmes et à leur dignité, une entrave à leur émancipation individuelle et collective.

Louisette Guibert
Elue à Nantes

mardi 15 décembre 2009

Audit énergétique - base nautique - contrat local de sécurité : Interventions des élu-e-s Alternatifs au Conseil municipal du 4 décembre 2009


Centre-Ville OPAH (Opérations programmées d’amélioration de l’habitat) Decré-Bouffay – partenariat entre la Ville et l’ADEME relatif au lancement d’un audit énergétique

par Bertrand Vrain

Vous le savez tous, l’énergie la moins chère, et la moins productrice de CO² c’est celle qu’on ne consomme pas. La Ville de Nantes a pleinement intégré cette problématique dans ses programmes de constructions neuves et nous nous réjouissons.

Une grande partie de notre parc immobilier a été construit à une époque où les économies d’énergies n’étaient pas la préoccupation première et où pétrole, charbon et gaz naturels semblaient inépuisables, à nos échelles à nous. Nous devons aujourd’hui gérer cet héritage et faire en sorte qu’il pèse le moins lourd possible, sur notre consommation comme sur nos émissions.

Pour rénover et adapter le bâti ancien aux nouvelles exigences de sobriété il nous faut d’abord le connaître.

Cet audit énergétique, mené avec l’ADEME, dans le cadre d’une OPAH, mais aussi avec la Commission Européenne dans le cadre du programme Concerto, nous permettra de proposer aux propriétaires, en même temps qu’un diagnostic, des aides adaptées.

Au-delà des immeubles du quartier Decré – Bouffay mais nous pouvons espérer que cette opération aura un effet d’entrainement et sera suivie de nombreuses autres, que ce soit dans le cadre d’une OPAH ou d’une opération d’une autre nature.

C’est justement dans cette perspective que nous approuvons cette mesure car nous avanceront sur la voie d’une ville durable et climatiquement responsable en nous préoccupant de l’habitat neuf et ancien, en quantités bien plus importantes..

La seule chose que nous regrettons, à l’heure où s’ouvre le sommet de Copenhague, c’est que le gouvernement ne soit pas dans les mêmes dispositions. Je parle, bien sûr, de ses actes, pas des promesses du Grenelle, qui, avec le temps paraissent de plus en plus creuses. Les propriétaires, souvent modestes, que nous aideront, payeront la taxe carbone, au contraire des industriels qui, eux, pourront continuer à polluer sans compter autre chose que les droits d’émission pléthoriques qui leur ont été distribués par le Plan National d’Attribution des Quotas, taxe dont sont aussi exonérés le transport routier et le transport aérien, mais aussi l’électricité, ce qui va encore favoriser le chauffage électrique, générateur de plus grandes charges pour les habitants. Quant à l’Etat, il continuera à dépenser des fortunes et à rejeter des tombereaux de gaz carbonique pour construire un Grand Paris pharaonique, programmant avant tout les grandes infrastructures.

A lors que le libéralisme économique met à mal la cohésion sociale, La Ville de Nantes a une autre logique : celle du travail patient sur l’œuvre quotidienne pour un meilleur cadre de vie des Nantaises et des Nantais, en préservant un habitat durable.

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La Jonelière – Construction d’une base nautique – Approbation du programme – Demande de subvention

par Louisette Guibert

Je crois que nous serons tous d’accord pour dire que cette nouvelle base nautique est une nécessité, et cela depuis bien longtemps. Les sports nautiques, que ce soit l’aviron, le kayak ou la voile, ont une grande importance dans notre ville et la demande pour des équipements de qualité est forte et très ancienne. Il y a des années que nous parlons de la base nautique de la Jonelière et que nous déplorons sa vétusté et son caractère inadapté, « une honte pour Nantes » disaient certains.

Le problème, mes chers collègues, c’est que cette nouvelle base nautique aura un prix – l’ambition et la qualité en ont toujours un et qu’il nous faut trouver des partenaires. Ce seront, nous le savons, d’autres collectivités territoriales.

Ce qui implique ces fameux financements croisés que le gouvernement entend bannir.

J’ai lu comme vous, monsieur Bainvel, l’avant-projet de loi sur la réforme des collectivités territoriale et je ne pense pas que ce que je vais vous dire sont des mensonges. J’ai trouvé la partie consacrée à nos futures compétences extrêmement nébuleuse, mais qu’attendre d’autre d’une loi qui fait référence aux articles L273-2 à 273-7 du Code des Collectivités Territoriales, lesquels ont le gros défaut de ne pas exister. Il n’en reste pas moins que la spécialisation est à l’ordre du jour et cela signifie que des projets comme celui de la Jonelière deviendront impossibles car aucune collectivité territoriale ne pourra les porter à elle seule.

Alors certes, ce serait une erreur que de perpétuer le statu quo avec ses doublons et ses inefficacités mais réformer véritablement l’administration territoriale cela ne signifie pas transformer les collectivités territoriales en simples exécutants sans moyens d’une politique décidée dans un bureau élyséen. La notion de chef de file aurait, par exemple, pu être élargie, à l’image de ce qui se fait dans les pays voisins. Sans aller jusqu’à instaurer une tutelle qui n’est pas dans notre culture, on aurait pu instaurer une véritable hiérarchie des normes territoriales, de l’arrêté municipal à la quasi-loi régionale, le tout encadré par un strict contrôle de légalité.

Nous sommes donc heureux de pouvoir lancer par ce dossier la construction de la base nautique de la Jonelière, qui, nous l’espérons, ne sera pas le dernier chantier que nous aurons les moyens de mener.

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Contrat Local de Sécurité de la Ville 2010/2013 et Conseil Local de Sécurité

par Louisette Guibert


On attend rarement la gauche sur la sureté – vous me permettrez de préférer ce terme à celui de sécurité. La sureté est avec la résistance à l’oppression et la liberté un des quatre droits fondamentaux reconnus par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen et nous y sommes profondément attachés.

Ce n’est pas à la Ville de Nantes d’assurer cette sureté. C’est le rôle de l’Etat, qui le fait actuellement de façon parcellaire et peu respectueuse des libertés publiques.

Je voudrais, d’ailleurs, faire un léger aparté, pour dire notre indignation suite au communiqué du Président de la République, publié à l’issue d’une réunion consacrée à la protection de l’enfance fin novembre. Celui-ci exprime la volonté du chef de l’Etat d’organiser dans les six prochains mois des états généraux de l’enfance dont l’objet est, je cite « d’améliorer la transmission de l’information préoccupante, prévue par la loi du 5 mars 2007 pour éviter que le nomadisme de certaines familles ne leur permette d’échapper au contrôle et à la surveillance des services sociaux »
Pour notre part, et le contenu de ce Contrat Local de Sécurité le montre, nous avons une toute autre conception de la sureté de nos concitoyens.

En ciblant son action sur les territoires les plus vulnérables et sur les incivilités, si destructrice du lien social, la Municipalité réaffirme son souci d’égalité – la sureté ne doit pas être le privilège des quartiers aisés. Nous nous en réjouissons, de même que nous nous réjouissons de son refus d’installer un système de vidéosurveillance. Cette technique, aussi coûteuse que démagogique a fait partout la preuve de son inefficacité et ne ferait que déplacer les problèmes vers les quartiers les plus fragiles.

Ce qui nous réjouit le plus c’est l’introduction du dialogue citoyen dans un domaine dont il est trop souvent exclu. Une politique de sureté véritablement efficace doit être basée, non pas sur la course au chiffre, mais sur la proximité et l’écoute de la population. Cela passe, bien sûr par une plus grande attention aux doléances des habitants et des commerçants par la création d’outils dédiés, mais aussi par l’introduction de débats citoyens autour de cette politique publique dans les instances de dialogue citoyen et tout particulièrement dans les conseils de quartier.

A ce titre, nous soutenons la mise en place du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance qui, je le rappelle, réunit non seulement des élus et des représentants de l’Etat, mais aussi des professionnels et des représentants d’associations. Cet outil, que nous tenons à distinguer de la loi ultra-sécuritaire et souvent liberticide qui l’a créée, permettra, nous l’espérons, d’établir dans le domaine de la sureté le dialogue et l’esprit de participation qui a guidé la mise en place des conseils de quartiers.

A la logique du surveiller et punir promue par le gouvernement actuel, nous voulons opposer un vibrant dialoguer, prévenir, agir ensemble

C’est donc sans réticence que nous voterons cette délibération.

mardi 3 novembre 2009

Evolution du Statut de l'Ecole Régionale des Beaux Arts en Etablissement Public de Coopération Culturelle


Lors du conseil municipal du 16 octobre dernier, au nom du groupe Alternatifs-UDB, j'ai soutenu le changement de statut de l'Ecole Régionale des Beaux Arts de Nantes. Vous pourez lire ci-dessous mon intervention.

Louisette GUIBERT

"C’est un bonheur de voter ce changement de statut de l’Ecole Régionale des Beaux Arts.

Cette évolution est la deuxième étape d’une longue marche qui permettra demain d’intégrer sur un pied d’égalité l’enseignement supérieur européen.

Bien entendu, il conviendra de maintenir la spécificité des écoles d’art et d’autre part d’être attentifs à la transformation du statut des enseignants qui devront être traités à égalité avec ceux de l’enseignement supérieur, à la fois pour leurs conditions de travail – du point de vue de leur horaire annuel de cours et de recherche - et pour leur rémunération.

Par ailleurs, la création de cet EPCC et les diplômes qui seront délivrés obligent l’école à se rapprocher très fortement de l’université. Or l’université de Nantes n’a pas de département d’arts plastiques. Le département d’arts plastiques le plus proche se trouve à l’université de Rennes. Je rappelle qu’il s’agit du seul dans tout le Grand Ouest. C’est un département très réputé avec 900 étudiants actuellement.

Ce qui nous intéresse particulièrement c’est le fait que ce département comporte un pôle recherche très conséquent, reconnu à l’échelle européenne, et une école doctorale réputée.

Ce rapprochement, non seulement nécessaire mais indispensable si nous voulons développer la recherche, en particulier au niveau doctoral, à l’Ecole des Beaux Arts de Nantes permet d’insister plus globalement, comme cela a été fait lors des deux journées passionnantes de la semaine passée, sur la nécessaire fusion des deux PRES Bretagne – Pays de la Loire pour une complémentarité et une cohérence qui exclut la compétition".

dimanche 25 octobre 2009

retour sur le débat du conseil municipal sur Notre Dame des Landes


Ce débat sur Notre Dame des Landes, au conseil Municipal de Nantes, on l’avait demandé depuis longtemps mais la réponse a toujours été : le débat a déjà eu lieu, point final.

Il a fallu que ce soit la Droite qui le demande, en application du règlement du Conseil sur les débats généraux ; alors on l’a eu ce débat, enfin un peu puisque les promoteurs du projet avaient la présentation du préfet, plus de 20 minutes, et puis 8 interventions Pour et 4 interventions Contre et puis, cerise sur le gâteau, Monsieur le Maire dans un long plaidoyer sur lequel je reviendrai.

La règle était 5 minutes par intervention. Je l’ai respecté, mais il y a eu comme on dirait des glissements ; le plus remarquable, du point de vue du temps, était celui du premier adjoint qui s’est octroyé plus de 10 minutes. Chacun appréciera le coté équitable du débat ; c’est comme si, pour un référendum, les partisans du OUI avaient 4 ou 5 fois plus de temps que les partisans du NON, belle démocratie ; mais ne gâchons pas notre plaisir.

Le plaidoyer de Monsieur le Préfet était sans surprise, déclinant les arguments habituels, en partie mensongers ou oubliant des aspects fondamentaux du projet ; on va pas les redire tant ils sont connus mais on a l’impression que, depuis la construction du dossier du projet, en 2002, rien n’a changé, le monde s’est immobilisé et je renvoie au texte de mon allocution et aussi, bien sûr, aux éléments présents sur le site de l’ACIPA ou de Solidarité Ecologie.

Ce qui m’a le plus choqué, c’est l’intervention finale de Monsieur le Maire : c’est bien pratique, comme ça, plus personne ne peut intervenir après car cette intervention n’était pas neutre, on s’en serait douté. En dehors du credo habituel sur la nécessité de l’aéroport pour avoir une ambition, une vision de l’avenir pour le développement de la métropole et toute la poésie habituelle qu’on entend depuis le début sans évoluer d’un millimètre, l’argument qui doit faire mouche ressort : LA SECURITE. Tout le monde sait que l’Aéroport de Nantes-Atlantique est tellement dangereux avec le survol de Nantes depuis 50 ans qu’il est urgent de s’en aller ailleurs, les habitants n’osant qu’à peine respirer au passage des avions. S’il n’y a eu aucune victime c’est même bizarre. Mais pour démontrer le risque de crash on raconte encore l’histoire : un certain soir, un avion d’une compagnie Low Cost a failli prendre l’Erdre pour la piste et il s’en est fallu de peu. Bien entendu Monsieur le Maire ne saurait prendre le moindre risque pour les nantaises et les nantais.

Evidemment, le risque zéro n’existant pas, il faut faire quelque chose pour éviter une éventuelle catastrophe. Exposer le risque est en soi normal mais la logique voudrait qu’il soit évalué et comparé aux autres risques de catastrophe comme par exemple un accident dans le tunnel ferroviaire ou l’explosion d’un train en traversant Nantes, la circulation automobile, qui fait, elle, de nombreux morts, la collision d’un bateau sur une pile du pont de Cheviré ou encore des explosions de silos à grain ou de cuves d’hydrocarbures sur Chantenay, j’en passe et non des moindres. Un risque doit être évalué en terme de gravité et de probabilité d’occurrence. Mais de cette démarche scientifiquement honnête, rien. Ce qui a été mis en avant, c’est la peur et ça, c’est vraiment pas bien parce qu’habituellement, c’est la Droite qui utilise ce réflexe de peur, comme on l’a vu de nombreuses fois dans l’histoire.

Alors, si on veut avancer sur ces différents risques, après l’évaluation, on doit proposer des solutions adaptées au niveau du risque, pas aux fantasmes : l’avion qui aurait peut être pu atterrir sur l’Erdre était, puisque membre d’une compagnie Low Cost, sans doute piloté par un pilote Low Cost qui, peut être, n’avait pas toute sa raison ou avait une lucidité Low Cost, ça c’est sûr parce que, s’il avait été lucide, il n’aurait pas pris des vessies pour des lanternes de piste d’atterrissage. Face à ces carences, la première chose à faire est de surveiller d’un peu plus près ces compagnies et de les mettre sur un liste un peu grise et non pas les chouchouter pour qu’elles viennent encore plus à Nantes. L’inattention peut arriver et ses conséquences peuvent être dramatiques. Récemment, aux USA, un avion a oublié d’atterrir sur sa plateforme de destination car les pilotes causaient avec la liaison radio coupée d’avec la tour de contrôle. Si cela arrivait, à Nantes-Atlantique ou à Notre Dame des Landes, un avion pourrait bien aller, pourquoi pas jusqu’à Donges avec ses magnifiques cuves de Gaz liquéfié et, pourquoi pas, confondre les lumières de Donges avec les feux de piste, comme l’a fait notre Low Cost sur l’Erdre.

La peur est mauvaise conseillère, gardons nous de la brandir à bon marché.

Bertrand Vrain,

lundi 19 octobre 2009

Notre Dame Des Landes : quelle utilité sociale ?


A la demande des élus UMP, le conseil municipal de Nantes a, vendredi dernier 16 octobre, très rapidement débattu du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes. Vous lirez ci-dessous l'intervention que j'ai prononcée au nom des deux élus alternatifs. Je reviendrai dans une prochaine note sur la teneur du débat.

Bertrand Vrain



Pour nous, au nom des Alternatifs, 5 minutes pour s’exprimer, c’est peu au regard de l’importance du sujet et de la force de frappe publicitaire des promoteurs du projet. Et nous avons entendu le plaidoyer pro domo de Mr le Préfet, truffé d’omissions et de contre vérités. J’en relèverai 3 : le nombre de mouvement d’avions stagne depuis de nombreuses années à 38000 par an ; la saturation de Nantes-Atlantique est un mythe, Genève est à 13 Mpax avec une seule piste ; enfin, le report sur le TGV est loin d’être terminé.

De l’ambition au rêve

Le côté indispensable du projet et même stratégique affirmé par vous, Monsieur le Maire renvoie à l’ambition pour Nantes et son attractivité. L’attractivité de Nantes se base avant tout sur son tissu technique et universitaire, ses services publics performants, ses politiques de transport courageuses ainsi que ses mutations des espaces publics et culturels et bien entendu sa légendaire qualité de vie, à laquelle s’ajoute notre aéroport Nantes-Atlantique, très loin d’être saturé et facilement accessible, à moins de 2 km du périphérique et aussi par le rail à peu de frais puisqu’une voie ferrée y passe et avec le tramway à 3 km seulement. Cette attractivité de Nantes ne se dément pas et n’a nullement besoin d’une autre infrastructure aéroportuaire prévue pour 9 millions de passagers en 2050.

Vous savez comment les prévisions économiques sont souvent démenties par les faits et la crise que nous connaissons depuis un an nous le rappelle : les savantes prospectives reprises par les promoteurs du projet ne font pas exception à la règle. Un petit exemple : les hypothèses de base du dossier de l’enquête publique, qui date de 2002, retenaient un pétrole à 60$ en … 2025, vous avez bien entendu, en 2025, pour les experts, le pétrole coutera 60$ ; cherchez l’erreur.

Un modèle économique chancelant

La même fiabilité doit se retrouver sur l’évaluation du coût de l’infrastructure affiché inférieur à 600M€. Et encore, à ce coût hypothétique devrait s’ajouter le tram-train, encore 200 M€ minimum et sans parler de l’ambitieuse Ligne à Grande Vitesse Nantes-Rennes réalisable à plus de 2 Milliards d’€. Soyez sûr que les entreprises qui auraient à gérer l’aéroport de NDDL pour 55 ans ne feront pas d’impasse. Ils n’accepteront qu’un financement sécurisé pour eux et donc risqué pour l’état et pour nous, les collectivités locales qui avons imprudemment voté, au Conseil Régional, au Conseil Général et à Nantes-Métropole une délibération sur le « retour à meilleure fortune », c'est-à-dire en clair un financement des gestionnaires au cas où ils seraient en déficit ; c’est ce qu’on appelle la socialisation des pertes. Soyons réalistes, les fonds consacrés à ce projet ne seront pas investis ailleurs, dans l’application de nos politiques publiques.

Il faut rappeler, chers collègues les grandes incertitudes qui pèsent : le secteur aérien est totalement libéralisé et les compagnies font ce qu’elles veulent : elles viennent et elles s’en vont sans demander l’autorisation, comme la compagnie Régional Airline qui a déserté il y a peu Clermont Ferrand du jour au lendemain et a fait passer le trafic de cette plate forme de 1 400 000 passagers à 600 000 passagers.

Un modèle de régression sociale

Mais quel modèle de société est intégré dans le logiciel des promoteurs du projet ? Celui affiché comme porteur, chers camarades et amis, n’est pas vraiment de gauche. C’est le modèle des Charters pour les vols vacance et des Low Cost : compagnie Low Cost, avec des emplois low cost, des exigences sociales et environnementales low cost, accompagné ici de délocalisation et de casse sociale puisque les promoteurs du projet n’hésitent pas à déplacer 1500 emplois du sud au nord Loire sans compter les autres emplois induits et la fragilisation des entreprises déjà en place à Nantes-Atlantique, bel exemple de renforcement du Sud Loire ; les promoteurs du projet nous promettent des compensations par un développement, forcément fulgurant, autour de NDDL. Encore un pari de plus, pari, terme confirmé d’ailleurs dans la conclusion du rapport de l’enquête publique.


Dans cette croyance quasi religieuse en un développement sans limite du Transport Aérien, dans cette ode à la croissance sans critique, nous sommes bien loin des ambitions d’une société de développement solidaire, d’une croissance sobre en s’appuyant localement sur notre agenda 21, ou le plan climat. Tous ces enjeux de société seront bien évidemment au cœur des projets proposés pour les Régionales de 2010.

Des procédures opaques meublées d’obstruction

Pour finir, nous sommes choqués des obstacles démocratiques mis à la manifestation de l’information : nous savons bien qu’en proposant le débat, l’opposition municipale cherche à mettre des clivages dans notre volonté réaffirmée de poursuivre les politiques que nous menons en matière de services publics, de reconstruction de la ville et des espaces publics, de vie culturelle, de transport collectif ou de déplacement doux et j’en passe.

Pourquoi n’accepte-t-on pas une étude indépendante sur les solutions alternatives pour traiter la question du survol de Nantes et de ses nuisances induites ; pourquoi rejette-t-on d’un revers de main les propositions fortes étayées des associations ?

Pourquoi ne disposons nous pas publiquement du Cahier des Charges envoyés aux quatre candidats retenus pour un Partenariat Public Privé qui va durer 55 ans et engager nos collectivités sur la même durée ?

Monsieur le Maire, chers collègues, nous sommes a votre disposition pour reprendre un vrai débat où nous pourrions confronter les arguments des uns et des autres. Ce travail que nous essayons de faire, au nom des Alternatifs, avec le groupe de près de 500 élus mobilisés pour informer dans les communes de Loire-Atlantique est une base pour élaborer des décisions démocratiques sur les grands projets.

En vous remerciant pour votre attention, nous vous invitons à le rejoindre.