mercredi 26 janvier 2011

Projet d’aéroport de Notre Dame des Landes : 10 questions et 10 réponses dans Nantes Passion ou quand le « magazine de l’information municipale » désinforme ses lecteurs.

La livraison de janvier 2011 du journal municipal de Nantes consacre pas moins de trois pleines pages pour promouvoir le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Son objectif : asséner, sous couvert d’information, la seule parole des promoteurs du projet. Inutile d’indiquer que les élu-e-s municipaux opposés à ce projet n’ont été ni interrogés ni consultés pour la rédaction de ce dossier. Nous avons donc choisi de reprendre une à une chacune des dix questions qui structurent l’article du magazine en y apportant nos propres commentaires


Louisette GUIBERT et Bertrand VRAIN

Si vous n'avez pas lu le dossier du magazine municipal nantais, vous pouvez en prendre connaissance en ligne : http://viewer.zmags.com/publication/fd0af62b#/fd0af62b

Question 1 : Pourquoi un nouvel aéroport ?


Nantes n’est pas aujourd’hui un «cul de sac» en matière de desserte aérienne ! La croissance de la métropole témoigne que la plate forme actuelle de Nantes-Atlantique assure pleinement son rôle. Le souhait de voir se développer de nouvelles liaisons internationales en nombre ne sera pas exhaussé par une nouvelle infrastructure mais, plus prosaïquement, pas la volonté des compagnies, elles mêmes guidées par la clientèle pour remplir des avions. Avoir la foi peut aider mais n’est pas déterminant.


Question 2 : Pourquoi Nantes Atlantique ne suffit-il plus ?


La saturation est un mythe puisque la (seule) piste actuelle assure effectivement 36 000 mouvements d’avions par an, soit entre le quart ou le cinquième de sa capacité, comme l’attestent des plateformes comparables en surface et à une seule piste (Genève, Gatwick ou San Diego). Rappelons aussi aux rédacteurs de l’article que Nantes Atlantique est classé par la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) en catégorie A, c'est-à-dire sans danger particulier. Et puis quels sont les 250 000 personnes qui « subissent le ballet des avions au dessus de l’Ile de Nantes » ? Nous ne savions pas que l’Ile de Nantes était si peuplée en regroupant la quasi-totalité des habitants de Nantes mais il doit s’agir d’un zéro de trop, attribué par l’enthousiasme des promoteurs du projet. Soulignons que si les nuisances sonores sont réelles, elles sont néanmoins en constante diminution en raison de l’évolution à la baisse des émissions sonores des appareils et aussi du nombre de rotations : 36 000 aujourd’hui contre plus de 43 000 en l’an 2000 soit une baisse de 16 %. le Plan d’Exposition au Bruit est complètement à revoir. Quant à la saturation de l’aérogare à 4 millions de passagers, elle est facilement soluble en l’agrandissant. Et, sur l’emprise actuelle de Nantes Atlantique, il y a de la place.


Question 3 : On parle de ce projet depuis quarante ans, où en est-il ?


On parle de ce projet depuis 40 ans mais pas avec les mêmes buts ni les mêmes convictions : du mirage des années Concorde aux prévisions démesurées d’aujourd’hui, c’est la réalité de la crise écologique qui n’est pas prise en compte. De plus, les débats officiels sont limités aux alternatives suivantes : Notre Dame des Landes ou Notre Dame des Landes, mais a priori non à toute autre proposition.

Question 4 : Combien ça coûte ?


Le coût est bien estimé, et validé par Vinci, à 556,5 millions d’euros mais il ne s’agit pas là de l’aéroport à deux pistes pouvant faire décoller des A380 à pleine charge et dimensionné à 9 millions de passagers comme présenté dans le débat public qui date de 2003 mais d’un aérogare de capacité identique, et avec la plus longue des pistes également identique, à Nantes-Atlantique. Et, nous le soulignons, sans les taxiways présents dans tous les aéroports commerciaux du monde. Pour arriver à l’aérodrome prévu dans l’enquête publique, il faudra sans aucun doute que les collectivités locales mettent une fois de plus la main à la poche, et à un moment où Vinci aura la maîtrise de quasiment tous les aéroports dans un rayon de 200 km autour de Notre Dame des Landes et sera donc en situation de monopole.


Question 5 : A quoi ressemblera le futur aéroport ?


Si les bâtiments neufs sont, comme annoncé, 3 fois moins énergétivores que ceux de Nantes Atlantique, les gaspillages induits par les déplacements des seuls employés, en voiture bien entendu, inverseraient largement le bilan (la distance de l’aéroport de Bouguenais au site de Notre Dame des Landes, par la route, est de 33 km, soit 66 km par jour pour les 1500 personnes concernées, soit un équivalent de 100 000 km par jour, c'est-à-dire au bas mot environ 7 000 litres de carburant par jour, été comme hiver !).


Question 6 : Combien de passagers ?


Entre 4 et 9 millions de passagers, le coût ne sera pas le même. Qui paiera les investissements ? Les collectivités locales seront appelées au tour de table pour développer «l’aéroport du Grand Ouest ». Comme l’affirme Nicolas Notebaert, le président de Vinci Airports : « Sans aides publiques, il n’y avait personne pour réaliser l’aéroport »


Question 7 : Comment s’y rendra-t-on ?

Tout le monde se rendra à Notre Dame des Landes par la route, à 25 km de Nantes et 85 km de Rennes. Le tram-train jugé par l’ex-ministre Borloo « indispensable dès l’ouverture» coûte au bas mot 150 millions d’euros et l’hypothétique LGV (ligne Grande Vitesse) Nantes-Rennes de l’ordre de 2 milliards d’euros. Et pour quel trafic ? Le risque est réel de voir ces dessertes ferrées rester dans les cartons… ou de les prévoir à l’échéance des 55 ans de la concession ! En tout état de cause, le Groupe Vinci n’y tient pas puisque l’équilibre économique est, en partie, basé sur les parkings payants de l’aéroport. Comme à Nantes-Atlantique.


Question 8 : Quel impact aura ce projet sur son environnement ?


Les terres agricoles de bonne qualité seront amputées de 2 000 ha, soit près de 10 ans des surfaces dédiées à l’urbanisation dans le SCOT (schéma de cohérence territoriale). Quelle belle promotion de l’agriculture périurbaine ! Les compensations ne changeront pas cette perte.


Question 9 : Que deviendra Nantes-Atlantique après 2017 ?


Avant de libérer les 320 hectares mentionnés, il faudra condamner la piste actuelle de Nantes-Atlantique, ce qui fragilisera Airbus dont, à ce jour, aucune des usines n’existe sans piste attenante. Les multiples déclarations contradictoires sur l’avenir de ces équipements montrent que l’évidence n’est pas de mise. Airbus, en planifiant des rationalisations à venir de ses unités de productions, ne manquerait pas de pointer cette singularité. En général, en matière de délocalisation il n’y a pas de morale !


Question 10 : Quelles retombées pour Nantes et sa région ?


Les retombées économiques annoncées dans l’article sont surprenantes : l’aéroport de Notre Dame des Landes génèrerait, en dehors de sa construction, plus de deux fois plus d’emplois qu’il y en a actuellement à Nantes-Atlantique, pour la même capacité calée à l’ouverture à 4 millions de passagers. Ca tient du miracle de la multiplication des pains ! En réalité, cette dépense d’argent public, même dissoute dans des emprunts à 30 ans, serait contre productive. Loin d’être « un projet clé pour l’avenir du territoire», la construction d’un nouvel aéroport à Notre Dame des Landes risque bien d’être un frein pour l’attractivité du territoire : l’éloignement et l’absence de liaison ferrée rendraient difficiles l’accès à Notre Dame des Landes, et, surtout, les charges financières dévolues aux collectivités locales seront revues à la hausse, notamment par l’activation de l’Article 92 «Clause de paysage» du décret du 29 décembre 2010, qui précise explicitement que les parties (Vinci et la collectivité publique) devront se revoir en cas de « modification substantielle d’une infrastructure aéroportuaire » située dans un rayon de 200 km. Rennes, Angers, Ancenis, Dinard, Lorient vont sûrement dire merci ! Il est vrai que, pour la plupart, elles sont gérées par … Vinci !

Conclusion : En matière d’objectivité, à l’évidence la rédaction du magazine municipal aurait pu mieux faire, y compris en donnant la parole aux premiers concernés que sont quand même les habitants de Notre Dame des Landes et de la communauté de communes d’Erdre et Gesvres et leurs élus locaux ! Le magazine municipal aurait pu (aurait dû) être un vecteur du nécessaire débat démocratique et citoyen sur le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Il n’en est hélas rien. Mais à trop vouloir prouver…..

samedi 15 janvier 2011

Expulsion d'une famille Rom du terrain Bottière-Chesnaie : réaction de Bertrand Vrain

J'ai été choqué par l'expulsion de la famille de Roms du terrain de la Bottière-Chesnaie, venant après la table ronde en préfecture réunissant toutes les autorités locales et l'association Romeurope le 6 janvier.
Sauf élément particulier non divulgué sur cette situation, on ne peut pas avoir un double langage de la part de Nantes-Métropole : accepter, après bien des hésitations et surtout beaucoup de temps, une rencontre réclamée depuis de nombreux mois et déclarer que l'aide des communes volontaires est acquise de la part de Nantes-Métropole, d'une part, tout en poursuivant la demande d'expulsion sans trouver une solution convenable pour cette famille, d'autre part.

Le petit jeu de la carotte et du bâton n'est pas la meilleure solution ; des communes comme Indre ont une autre attitude autrement plus humaine.

Bertrand Vrain

vendredi 3 décembre 2010

Hôpital et Santé Publique : quel avenir à Nantes - intervention de Bertrand Vrain au conseil municpal du 3 décembre


Nous débattons aujourd'hui de l'avenir de l'hôpital et de la santé publique à Nantes. Vaste sujet mais, sur ce point, la Ville n'a finalement qu’une intervention limitée, même si la volonté est là et, au nom des Alternatifs nous soutenons les initiatives prises en ce sens par la Ville. L'organisation de la santé est en France fondamentalement une compétence de l’État et je vous propose des éléments de débat sur la politique actuelle menée par le gouvernement qui s’évertue à dépecer le service public de santé.

 
La santé repose autant sur les dispositifs de prévention, la santé publique, que l’organisation des soins proprement dits. Si l'espérance de vie s'est considérablement accrue au cours du dernier siècle c'est certes grâce aux progrès de la médecine et de la recherche pharmaceutique, mais aussi grâce à une plus grande attention portée à la prévention et à l'hygiène. Des vies ont été sauvées à la fois en généralisant le lavage des mains à l'hôpital et en inventant la pénicilline. En France, la santé publique est le parent pauvre, il faut en particulier noter le peu de place qu’occupe la prévention dans les formations des soignants et heureusement que les actions de la Ville compenseznt un peu ce manque.


Ces attitudes de prévention, qui accompagnent les soins, sont de fait peu génératrices de profits pour les acteurs privés du soin mais par contre génératrices d’économies publiques. Dans quel but une entreprise privée aurait elle intérêt à faire spontanément de la prévention alors que celle-ci est susceptible de grever des recours à des soins rémunérateurs ? Mais reconnaissons aussi que malheureusement cette absence d’investissement dans la prévention se retrouve aussi dans l’hôpital public qui concentre ses moyens principalement sur le soin. La prévention devrait être prise en charge par la puissance publique, en appui aux initiatives souvent remarquables du secteur associatif. L’intérêt général doit conduire à un service public dont la mission est d’assurer un traitement égal pour tous et toutes.


A côté de la prévention, l’organisation des soins est l’autre volet d’une politique de santé, mise en œuvre grâce aux cotisations sociales et se décline aussi bien avec les établissements hospitaliers qu’avec la médecine de ville et ses multiples auxiliaires, infirmiers, aide-soignant. Autant, la nécessaire rationalisation des moyens matériels importants implique une certaine centralisation de l’hôpital, autant, la médecine de ville nécessite proximité et disponibilité.


Il nous faut constater que la médecine ambulatoire a été quasiment intégralement laissée au secteur privé, médecins ou soignant payés à l’acte, donc intéressés logiquement par leur multiplication ce qui induit la rapidité des temps de consultation.


Or, au début des années 80, la gauche avait lancé une expérience, tout près d'ici, à Saint-Nazaire : la création d'un centre de santé, auquel les médecins libéraux pouvaient s'affilier en étant salariés, et qui offraient à l'ensemble de la population des soins ambulatoires de proximité. Cette expérience, qui ouvrait la voie à un véritable service public de médecine de ville a malheureusement été interrompue sans que les évaluations aient été rendues publiques ; le gouvernement de l’époque a enterrée l’initiative. Et bien nous souhaitons, pour notre part, qu'elle soit reprise.


Ce même paiement à l’acte, à l’œuvre dans la médecine de ville l’est, de façon généralisée dans les cliniques privées mais paradoxalement aussi dans l’hôpital public avec ce droit pour les médecins d’avoir une clientèle privée.


Cette mécanique perverse du paiement à l’acte est relayée dans les établissements hospitaliers, privés et publics par l’instauration de la tarification à l’activité (T2A) qui peut conduire à sélectionner les actes les plus rentables. Ainsi a-t-on pu constater qu’il y a, c’est bizarre, à peu près deux fois plus de césariennes dans le privé que dans le public. Cette tarification à l'activité introduit la logique du privé au sein même du service public puisque, à côté de l’enveloppe du MIGAC (mission d’intérêt général et d’aide à la contractualisation), les hôpitaux publics sont financés par recours à la T2A avec un objectif de 100% en 2012.


Alors que, dès 2006 le déficit cumulé des hôpitaux publics était de 350 millions d'euros, au même moment, le groupe privé de la Générale de Santé a versé des dividendes à ses actionnaires à hauteur de 420 millions d'€. On assiste bien, de par les mécanismes mis en œuvre, à un véritable transfert de ressources publiques vers des intérêts privés.


Il nous paraît donc essentiel de réaffirmer que la santé n'est pas une marchandise mais un droit et nous considérons que la politique actuelle de baisse des dotations budgétaires et la fermeture des hôpitaux de proximité est inacceptable. La lutte pour le maintien de l'hôpital de Carhaix tout comme le mouvement contre la fermeture des petits blocs opératoires à Guéret a été emblématique de la résistance des femmes et hommes de terrain contre ce rouleau compresseur de la rationalisation comptable. Ce n’est pas la loi HPST ou les récentes propositions du gouvernement sur la modulation des honoraires médicaux qui va faire baisser les inégalités face aux soins.


Cette politique de désinvestissement, qui profite au privé, n'épargne pas les grands hôpitaux, avec souvent des conséquences catastrophiques pour les personnels comme pour les malades. En 2008, le CHU de Nantes a adopté un plan de retour à l'équilibre qui s'est traduit par la suppression de 400 emplois de soignants. Pris en étau entre les restrictions budgétaires et les exigences du service public, le CHU a choisi de se plier aux pressions de l’ARH qui faisait miroiter 10M€ pour soulager sa dette de 30M€. Accepter cette option, présentée comme la seule solution raisonnable, c’était reconnaître que les 400 soignants étaient en trop ; peut-on penser que la qualité des soins n’en ait pas été affectée, malgré la conscience professionnelle et le dévouement des personnels ?


Cette seule logique comptable se manifeste d'ailleurs désormais jusque dans le choix des dirigeants puisque les nouveaux directeurs d'hôpitaux peuvent aussi être recrutés parmi les dirigeants d’entreprises privées, sans suivre le cursus complet de formation à l’Ecole de Santé Publique de Rennes. Comme si c'était la même chose de gérer un hôpital et une gare. Comme si les malades n'étaient qu'une forme un peu particulière de marchandise et les patients de simples clients !


Alors ce CHU, privé d’une partie de ses moyens, lentement dépecé et en partie bradé au privé au nom de la pseudo complémentarité public-privé, avec les grands et beaux projets de l’IHU, faut-il le placer sur l'Île de Nantes ou en périphérie ?


Poser quelques questions permettrait de poursuivre un débat que nous n’avons jamais eu avant aujourd’hui, alors que de nombreuses études ont été faites il y a des années :


Faut-il tout rassembler en un seul lieu compact en matière d’équipement ?


Les consultations doivent elles être obligatoirement regroupées ?


La compacité est elle une nécessité ou un geste architectural ?


La démolition reconstruction systématique pour tout l’existant est-elle la plus optimale économiquement ?


La surcharge induite par ce type de grand projet a-t-elle une influence sur l’inflation des coûts dans le BTP susceptible de se répercuter sur d’autres projets comme les logements ? Se pose donc la question du rythme.


Quelle est l’insertion dans l’ensemble dans la ville ?


La forme de la ville que nous voulons et que nous mettons petit à petit en œuvre à Nantes, ville apaisée mais dense, perméable et accessible, n’induit elle pas une certaine distribution des fonctions sur l’espace public, une ouverture des îlots ?


Faisons en sorte, chers collègues, que la nouvelle centralité de notre agglomération, l’Ile de Nantes, accueille dignement notre hôpital public en développant cette forme de ville qui fait la signature de Nantes.


Je vous remercie de votre attention

Statut des assistantes maternelles - intervention de Louisette Guibert au conseil municipal du 3 décembre 2010


Le groupe Alternatifs – UDB approuve vivement ce statut des assistantes et assistants maternelles « municipales ». Les 35 assistantes maternelles de la ville viennent compléter l'offre d'accueil de la petite enfance.

Je rappelle que le statut général des assistants et assistantes maternelles est dérogatoire en de nombreux points à celui appliqué aux autres salariés – notamment en ce qui concerne la rémunération, le temps de travail, la rupture de contrat...


La réforme du statut des assistants et assistantes maternelles et familiales a été adoptée le 27 juin 2005. Ce texte révise de nombreuses dispositions du droit issu de la loi du 22 juillet 1992 avec pour ambition de progresser sur la voie de la professionnalisation, de mieux reconnaître la place des assistants et assistantes maternelles au sein des dispositifs d'accueil des jeunes enfants et d'améliorer leurs conditions de travail.


Le statut que nous adoptons aujourd'hui pour les assistantes maternelles « municipales » renforce ces deux orientations :


1. il permet d'assurer une plus grande qualité de l'accueil grâce à une meilleure intégration professionnelle des accueillants et des accueillantes.


2. Il améliore très sensiblement les droits des assistants et assistantes maternelles.


C'est pourquoi, en attendant une réelle intégration de ce mode d'accueil au service public de la petite enfance, nous votons pour ce statut.

mercredi 17 novembre 2010

Notre Dame des Landes : Bertrand Vrain répond à Gilles Bontemps, vice-président PCF de la Région

Cher camarade,


J'ai lu avec attention ton allocution et je me permets de porter à la connaissance des camarades parties prenantes de l'ANECR les observations suivantes :


1 - je suis bien évidemment d'accord pour concilier les dynamiques économiques et l'écologie, conciliation incontournable car, au rythme actuel, on va droit dans le mur du dérèglement climatique qui se traduira, tu le sais, par l'accroissement des inégalités et la guerre de tous contre tous, donc le contraire de la solidarité à laquelle, vous comme nous, les Alternatifs, nous sommes attachés ;

2 - nous sommes bien sûr à vos côtés lorsqu'il s'agit de soutenir les luttes des travailleuses et travailleurs de ce pays contre les politiques antisociales de Sarko-Fillon qui se moulent parfaitement dans les désirs du patronat représenté par Madame Parisot ;


3 - Nous souhaitons, comme vous, conforter les activités portuaires et aéronautiques et notamment les unités d'Airbus de Saint-Nazaire et de Nantes-Bouguenais. Le transport maritime est porteur d'une sobriété énergétique inégalée des autres modes de transport et le transport aérien reste indispensable, même s'il est une source incroyable de gaspillage énergétique. Il faut donc le promouvoir dans ce qu'il a d'indispensable mais pas dans ce qu'il a de nuisible, notamment avec les compagnies Low cost ;


4 - par contre, et cela ne t'étonnera pas, ta position sur le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes est franchement contre-productive, d'un point de vue économique et d'un point de vue social :

- d'un point de vue économique, consacrer 250 millions d'euros d'argent public au moment où les réformes visant les collectivités locales et la RGPP mettent à mal les finances locales et les services publics n'est pas raisonnable, d'autant plus que ce projet n'est pas nécessaire puisque l'aéroport de Bouguenais est loin d'être saturé avec sa capacité de 4 millions de passagers et ses 37000 mouvements d'aéronefs, trafic en baisse régulière puisqu'il y avait 43000 mouvements il y a 10 ans


- d'un point de vue social fondamentalement puisque la suppression de la piste à Bouguenais fragiliserait considérablement les unités Airbus or tu sais qu'aucune usine Airbus n'existe sans piste et cela ouvrirait la voie à une délocalisation éventuelle. Avec le plan Power 8, on ne peut pas avoir confiance ;


5 - De plus, quand tu dis qu'il y a d'importants problèmes de sécurité à Nantes-Atlantique, non seulement tu joue sur la peur mais en plus c'est totalement faux puisque tu sais bien que Nantes, comme la plupart des aéroports est classé A par la DGAC, c'est à dire sans problème particulier de sécurité et cet état est confirmé par les pilotes professionnels actifs ;


6 - enfin et tu voudras bien m'excuser d'être un peu long mais porter le débat est toujours nécessaire or les conditions soit disant démocratiques ne sont pas acceptables : débats réduit au minimum en Conseil Communautaire, demandé par la Droite au Conseil municipal de Nantes et un financement qui d'une part fait la part belle aux subventions publiques (50%) à VINCI et d'autre part ne correspondent pas au projet vu en débat public en 2003 : d'une plate forme prévu pour 9 millions de passagers, on passe à 4 millions et d'une infrastructure à deux pistes de 3600 mètres pour pouvoir accueillir les A 380, VINCI propose, avec sa participation réduite à 300 millions d'euros, une piste réduite à 2900 mètres, comme celle de Bouguenais, et l'autre piste encore plus courte à 2650 mètres avec une autre suppression de taille : il n'y a plus de taxiway parallèle aux pistes, disposition qui n'existe dans aucun aéroport digne de ce nom dans le monde. Tu vois, Gilles, VINCI est rentré dans les clous du financement prévu mais avec un aéroport Low Cost comme les compagnies qui traitent leurs salariés comme du bétail et si, par malheur cet aéroport se faisait nous serions particulièrement vigilants au personnel utilisé pour le construire car il n'est pas impossible que, comme aux chantiers de STX de Saint Nazaire, VINCI puisse utiliser la directive Bolkestein à son profit en faisant travailler des personnes payées à coup de pied dans le derrière mais je suis sûr que, sur ce point, vous seriez aussi vigilants.


Et Bravo encore pour ton soutien au très beau projet du Tram-Train qui va rendre bien des services et tout le monde l'attend avec impatience même si les retards semblent s'accumuler.


amicalement,


Bertrand VRAIN,
conseiller municipal Alternatif de Nantes

lundi 18 octobre 2010

Plan de financement de l'aéroport de Notre Dame des landes en débat au Conseil de Nantes Métropole du 18 octobre - Le non des élu-e-s alternatifs

Notre Dame des Landes, à quand le crash ? - Intervention de Bertrand Vrain


Avant de commencer, je voudrais vous dire comment j’ai été choqué par le dispositif policier impressionnant ; nous n’avons pas l’habitude de délibérer sous la protection des Robocops. Je trouve tout ça infâmant.


Avec la délibération que vous nous demandez de voter, nous basculons dans l’inconnu. L’inconnu au niveau financier. L’inconnu au niveau de l’emploi. L’inconnu au niveau de l’aménagement du territoire.L’inconnue financière se cache derrière les tableaux des annexes à la convention Etat-Collectivités qui s’engagent pour la bagatelle de 246 M€ dont 115,5 M€ pour nos trois collectivités locales. Certains prétendent, comme le Président du Conseil Général, que c’est pas cher puisque ça représenterait 1,5 € par an et par habitant et Monsieur le Président, vous nous avez dit que cela représenterait 1 pour Mille du budget de Nantes-Métropole ; ce tour d’illusionniste ne trompe que ceux qui y croient : on pourrait dire la même chose pour tout investissement et on sait que ces 245 M€ d’argent public correspondent aujourd’hui à deux lignes de tram de 7 Km, une trentaine d’écoles ou de crèches, une dizaine de ponts urbains sur la Loire ou encore la participation de Nantes-Métropole à plus de 25 000 logements sociaux ou encore 10 fois notre participation aux opérations ANRU en cours sur Nantes et Saint-Herblain.


Or, de ces services publics, de ces aménagements, les habitants de nos communes en ont besoin. L’argent public ne peut servir deux fois. Et vous nous demandez de ratifier le financement d’un projet qui n’a aucune utilité. Dans une contribution subtilement intitulée «L’aéroport de NDDL : un projet du passé, un projet dépassé ?» M. Jean Renard, vice président du Conseil de Développement écrit, je le cite : « Ce projet a été imaginé à la fin des 30 glorieuses, lorsque les questions environnementales et le développement durable n’étaient pas à l’ordre du jour ». Le début des années 70 c’était l’époque du pompidolisme triomphant. Le pétrole était à 4 $ le baril, il est actuellement autour de 85 $ alors que le monde capitaliste est en pleine crise économique. Dois-je rappeler que le débat public sur NDDL date de 2003, alors que le prix du pétrole était à 25 $. A combien sera-t-il dans 30 ans ? A 3 chiffres, c’est sûr, et dont le premier sera supérieur à 1. Alors quel crédit accorder à la fiabilité des études prospectives d’experts qui ont basé leurs hypothèses sur un baril à 60 $ … en 2025 ? Mieux vaut en rire avant d’en pleurer ?


En matière de coût, de nombreux documents ne nous ont pas été transmis : l’accord entre l’Etat et le groupe Vinci ? Le Cahier des Charges ? Le « plan d’affaire de référence » mentionné dans la délibération et les annexes et sur lequel est basé tout l’équilibre économique ? Comment pouvons juger des contributions publiques alors que ces documents fondamentaux sont sous le boisseau ? Toute opacité sur ce dossier nourrit à juste titre la suspicion. Nous vous demandons la transmission de ces documents avant de soumettre au vote cette délibération, car il est bien sûr essentiel de savoir sur quelles hypothèses et sur quel modèle économique ce projet est bâti. Est-ce celui des compagnies low-cost qui ont finalement déserté Poitiers, Clermont Ferrand, Caen, Reims ou Deauville ? Ne faisons pas l’autruche, du moins dans les rangs de la gauche, en faisant semblant d’ignorer que ces entreprises ont décidé de bafouer notre législation sociale en appliquant la directive services de l’UE, fille de la fameuse directive Bolkestein. Tout comme Easyjet ou Cityjet, filiale d’Air-France-KLM, c’est ce que vient de faire Ryanair à Marseille. Et, lamentablement, le maire UMP crie à l’irresponsabilité des syndicats !


Je n’ai guère le temps d’évoquer l’arlésienne des accès par voie ferrée, jugée par le ministre Borloo, je le cite « indispensable dès l’ouverture » et par notre collègue Gillaizeau « un préalable à la réalisation ». La LGV Rennes-Nantes, coût autour de 2 Md€, est dans les cartons et risque d’y rester longtemps. La réponse du berger à la bergère, par la voix du Président Patrick Mareschal est : le Tram-train est trop cher, 140 M€, « on ne pourra pas se payer les deux » mais si on reprend son discours déjà évoqué, ça ne ferait que 3 € par an et par habitant ! Quelle dérision !


Mes chers collègues, je vous l’affirme, l’équilibre économique qui vous est présenté fondra comme neige au soleil et là, non seulement, au revoir les avances dites remboursables, mais les collectivités locales seront obligées de mettre une nouvelle fois la main à la poche parce qu’il sera inimaginable de fermer le seul aéroport qui desservirait la région nantaise.


Le projet de nouvel aéroport détruit 2000 ha d’un patrimoine écologique remarquable. Il est une épée de Damoclès sur les milliers d’emplois chez Airbus et les sous traitants avec les valses de déclarations contradictoires sur le maintien de la piste de Nantes-Atlantique. Et que dire des 1000 à 2000 emplois délocalisés du Sud au Nord ? Aéroport HQE, dites-vous, mais, le coût de transport des personnes délocalisées ne sera pas supporté par le concessionnaire mais par les salariés eux-mêmes qui feront, en voiture bien entendu, en moyenne, tous les jours, plus de 60 Km. Quel bel exemple d’un déséquilibrage Nord-Sud pourtant déjà important, quel bel exemple d’un projet écologique qu’aucun écolo ne soutient ! Tout ça alors que notre aéroport actuel répond à tous les besoins actuels et prévisibles, voyez des plateformes comparables en surface à Nantes Atlantique et à une seule piste, Genève 11 Mpax, San Diego, 17, Gatewick 35 et avec un nombre de mouvements 4 à 7 fois plus importants. Et si les compagnies piaffaient d’impatience d’ouvrir en nombre des lignes régulières à l’international, ça se saurait.


Mes chers collègues, les décisions que nous allons prendre sont très lourdes de conséquences : non seulement, ce projet d’un équipement qui devrait être public est irréalisable financièrement sans l’appui des collectivités, comme c’est d’ailleurs aujourd’hui le cas pour Nantes-Atlantique dont l’équilibre n’est trouvé que grâce à l’apport des parkings voitures et à la quasi absence d’investissement. Il menace l’aménagement du territoire et l’emploi durable. Et il nous met à la solde, d’abord du groupe Vinci, mais aussi des compagnies aériennes qui viendront ou s’en iront, au gré des chantages aux renoncements sociaux et aux demandes de subventions auprès des collectivités.


Construire un aéroport à Notre Dame des Landes, contre la volonté de ses habitants et de ses élus soulignons-le, est emblématique d’un développement non soutenable, à l’image d’une société de gaspillage dont nous ne voulons pas. Le vote d’aujourd’hui sera sans doute sans surprise. Pour nous, il ne changera pas notre opposition, politique et citoyenne, à l’image du vote du Sénat sur les retraites mercredi prochain. Avec la quarantaine d’organisations regroupées dans la coordination, avec l’association des pilotes professionnels actifs opposés au projet, avec l’association des près de 1000 élus qui doutent de sa pertinence, avec surtout les milliers d’habitants de Nantes Métropole et du département qui se démènent pour que grandissent chaque jour la mobilisation citoyenne, nous continuerons à tout faire pour que cet aéroport ne voit jamais le jour.

vendredi 15 octobre 2010

Conseil municipal du 8 octobre - intervention des élu-e-s du groupe Alternatifs-UDB

Demande du label Cit'ergie


Notre décision de nous engager dans la démarche Cit'ergie traduit bien nos orientations en matière énergétique. Il ne faudrait pas, en effet, y voire un simple effet d'annonce. Les objectifs, quantifiés, que nous nous imposons, sont ambitieux. 20% d'économies d'énergie sur dix ans associé à un doublement de la part des énergies renouvelables ce n'est pas rien.
Soyons modestes, cependant, car si ces objectifs sont effectivement ambitieux, il nous faudra les dépasser si nous voulons faire face aux défis majeurs qui nous attendent. Il nous faudra, en effet, réduire de manière substantielle les émissions de gaz carbonique liées aux déplacement, et notre nouveau PDU va nous y aider de manière conséquente. Il nous faudra, aussi, réduire les émissions liées au logement. Si, en effet, la nouvelle réglementation impose une norme stricte de 50 kwh par an et par m² pour toutes les nouvelles constructions, le logement ancien, qui continue à constituer l'essentiel de notre parc, reste énergivore.


Il nous faut donc redoubler d'effort. L'augmentation prévisible des prix de l'énergie ne nous laisse d'ailleurs guère le choix. Je rappelle que le pétrole, qui était à moins de dix dollars le baril à la fin du siècle dernier et à 23 dollars en 2003 a récemment dépassé les quatre-vingt dollars le baril, et ce alors que nous vivons une crise économique sans précédent. Le volontarisme dont la démarche Cit'ergie est la manifestation va dans le bon sens, mais il ne faut pas relâcher notre effort
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Nouvelle politique tarifaire pour les services d'accueils périscolaires des écoles publiques



Nous nous réjouissons de cette refonte de nos tarifs. Nantes est une des villes les plus en pointe en matière d'accueil périscolaire. On sait à quel point il est important de pouvoir faire accueillir ses enfants pour des parents dont les horaires de travail ne coïncident pas nécessairement avec ceux de l'école. Nous sommes contre la gratuité généralisée de ce service public, cependant il doit contribuer à une forme de redistribution par le biais d'un tarif progressif. La progressivité du tarif est, dans ce domaine comme dans d'autres, une exigence démocratique. Le précédent tarif y satisfaisait, mais il produisait des effets de seuils que le lissage que nous proposons élimine. Nous nous en réjouissons d'autant plus qu'il y a une réelle différence entre les tranches les plus basses et les plus élevées. Un ménage très aisé paiera sept fois plus qu'un autre gagnant le SMIC.


Il est important de limiter à 5 € le tarif le plus élevé pour s'assurer que les enfants des milieux les plus aisés utiliseront aussi ce service. La mixité sociale au restaurant scolaire est aussi importante que dans les classes. Je rappellerai seulement qu'un couple avec deux enfants se situant en haut de la tranche quatre a un revenu de prés de 4.100 € par mois. Selon les statistiques de l'INSEE, plus de 80% des ménages français gagnent moins. Quant à la dernière tranche, ceux qui s'y trouvent font partie des 5% les plus hauts revenus. Ce dispositif participe de la distribution des revenus que nous appelons de nos voeux. Nous l'approuvons donc.

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Dénomination d’une voie publique - A propos de Lucien Guitteny



Intervention de Louisette Guibert


Je suis personnellement heureuse de voir le nom de Lucien Guitteny inscrit dans l’espace de la ville. Lorsque j’ai été nommée inspectrice de l’Education Nationale sur Nantes Nord en 1979, le père Guitteny, comme on l’appelait, a largement guidé mon action sur ce quartier. C’est ainsi que je suis devenue très rapidement administratrice de l’APS (association de prévention spécialisée) pour assurer le lien entre la réussite scolaire et la prévention de la délinquance, et ce militantisme a été pour moi déterminant pour ma pratique professionnelle et la conception de l’école ouverte sur le quartier qu’elle m’a aidé à construire.


Nommé Directeur du groupe scolaire de la Géraudière à la fin des années 50, Lucien Guitteny a eu dès le départ un seul et grand objectif : favoriser la réussite scolaire et l’épanouissement culturel du plus grand nombre. Pour cela il veillera sans cesse à maintenir le brassage socioculturel de ses élèves puisque son école était située à la jonction de plusieurs types d’habitat : un lotissement résidentiel, les HLM et Castors de la Boissière, les baraquements du Chêne des Anglais dénommée Cité d’urgence. Pour lutter contre la stigmatisation et la marginalisation de cette population sous-prolétarisée dont étaient issus une partie de ses élèves, Lucien Guitteny s’engagera comme administrateur dans les C.A.E. (Centres d’Action Educative), l’association de Prévention Spécialisée chargée d’animer le Club « les Gerbes » qui accueillait les enfants et adolescents de la Cité lors de leur temps libre. Dans le même esprit, il sera avec l’appui de certains de ses collègues de l’école de la Géraudière à l’origine des premiers Centres Aérés à la Pervenchère.


Dans le cadre des C.A.E., il stimulera l’action et la réflexion des équipes d’éducateurs(trices) en proposant de considérer les jeunes comme « agents porteurs du milieu », à la fois en raison de leur propre dynamisme mais aussi malgré leurs difficultés sociales à cause de l’investissement des adultes en mesure de se dépasser pour le bien-être de leurs enfants. Sur la base de cette orientation socioéducative naîtra un mode d’action communautaire qui marquera au niveau nantais comme au niveau national tant le travail social que la lutte contre la délinquance juvénile. Il permettra notamment d’enclencher une mobilisation collective des habitants de la cité du Chêne des Anglais afin que, malgré la faiblesse des revenus, nul ne soit oublié et que chaque famille dispose d’un logement individuel ou collectif lors du relogement de la Cité d’urgence dans les HLM de la Petite Sensive. Organisation collective qui aujourd’hui ne s’est toujours pas démentie puisque le Comité d’Action de la Petite Sensive vient de fêter son 40ème anniversaire.


Lucien Guitteny en ouvrant l’école sur le quartier, en associant les parents à la réussite de leurs enfants, en mettant en œuvre l’action communautaire, a inventé le militantisme à la nantaise, qu’il en soit remercié.