vendredi 3 décembre 2010

Statut des assistantes maternelles - intervention de Louisette Guibert au conseil municipal du 3 décembre 2010


Le groupe Alternatifs – UDB approuve vivement ce statut des assistantes et assistants maternelles « municipales ». Les 35 assistantes maternelles de la ville viennent compléter l'offre d'accueil de la petite enfance.

Je rappelle que le statut général des assistants et assistantes maternelles est dérogatoire en de nombreux points à celui appliqué aux autres salariés – notamment en ce qui concerne la rémunération, le temps de travail, la rupture de contrat...


La réforme du statut des assistants et assistantes maternelles et familiales a été adoptée le 27 juin 2005. Ce texte révise de nombreuses dispositions du droit issu de la loi du 22 juillet 1992 avec pour ambition de progresser sur la voie de la professionnalisation, de mieux reconnaître la place des assistants et assistantes maternelles au sein des dispositifs d'accueil des jeunes enfants et d'améliorer leurs conditions de travail.


Le statut que nous adoptons aujourd'hui pour les assistantes maternelles « municipales » renforce ces deux orientations :


1. il permet d'assurer une plus grande qualité de l'accueil grâce à une meilleure intégration professionnelle des accueillants et des accueillantes.


2. Il améliore très sensiblement les droits des assistants et assistantes maternelles.


C'est pourquoi, en attendant une réelle intégration de ce mode d'accueil au service public de la petite enfance, nous votons pour ce statut.

mercredi 17 novembre 2010

Notre Dame des Landes : Bertrand Vrain répond à Gilles Bontemps, vice-président PCF de la Région

Cher camarade,


J'ai lu avec attention ton allocution et je me permets de porter à la connaissance des camarades parties prenantes de l'ANECR les observations suivantes :


1 - je suis bien évidemment d'accord pour concilier les dynamiques économiques et l'écologie, conciliation incontournable car, au rythme actuel, on va droit dans le mur du dérèglement climatique qui se traduira, tu le sais, par l'accroissement des inégalités et la guerre de tous contre tous, donc le contraire de la solidarité à laquelle, vous comme nous, les Alternatifs, nous sommes attachés ;

2 - nous sommes bien sûr à vos côtés lorsqu'il s'agit de soutenir les luttes des travailleuses et travailleurs de ce pays contre les politiques antisociales de Sarko-Fillon qui se moulent parfaitement dans les désirs du patronat représenté par Madame Parisot ;


3 - Nous souhaitons, comme vous, conforter les activités portuaires et aéronautiques et notamment les unités d'Airbus de Saint-Nazaire et de Nantes-Bouguenais. Le transport maritime est porteur d'une sobriété énergétique inégalée des autres modes de transport et le transport aérien reste indispensable, même s'il est une source incroyable de gaspillage énergétique. Il faut donc le promouvoir dans ce qu'il a d'indispensable mais pas dans ce qu'il a de nuisible, notamment avec les compagnies Low cost ;


4 - par contre, et cela ne t'étonnera pas, ta position sur le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes est franchement contre-productive, d'un point de vue économique et d'un point de vue social :

- d'un point de vue économique, consacrer 250 millions d'euros d'argent public au moment où les réformes visant les collectivités locales et la RGPP mettent à mal les finances locales et les services publics n'est pas raisonnable, d'autant plus que ce projet n'est pas nécessaire puisque l'aéroport de Bouguenais est loin d'être saturé avec sa capacité de 4 millions de passagers et ses 37000 mouvements d'aéronefs, trafic en baisse régulière puisqu'il y avait 43000 mouvements il y a 10 ans


- d'un point de vue social fondamentalement puisque la suppression de la piste à Bouguenais fragiliserait considérablement les unités Airbus or tu sais qu'aucune usine Airbus n'existe sans piste et cela ouvrirait la voie à une délocalisation éventuelle. Avec le plan Power 8, on ne peut pas avoir confiance ;


5 - De plus, quand tu dis qu'il y a d'importants problèmes de sécurité à Nantes-Atlantique, non seulement tu joue sur la peur mais en plus c'est totalement faux puisque tu sais bien que Nantes, comme la plupart des aéroports est classé A par la DGAC, c'est à dire sans problème particulier de sécurité et cet état est confirmé par les pilotes professionnels actifs ;


6 - enfin et tu voudras bien m'excuser d'être un peu long mais porter le débat est toujours nécessaire or les conditions soit disant démocratiques ne sont pas acceptables : débats réduit au minimum en Conseil Communautaire, demandé par la Droite au Conseil municipal de Nantes et un financement qui d'une part fait la part belle aux subventions publiques (50%) à VINCI et d'autre part ne correspondent pas au projet vu en débat public en 2003 : d'une plate forme prévu pour 9 millions de passagers, on passe à 4 millions et d'une infrastructure à deux pistes de 3600 mètres pour pouvoir accueillir les A 380, VINCI propose, avec sa participation réduite à 300 millions d'euros, une piste réduite à 2900 mètres, comme celle de Bouguenais, et l'autre piste encore plus courte à 2650 mètres avec une autre suppression de taille : il n'y a plus de taxiway parallèle aux pistes, disposition qui n'existe dans aucun aéroport digne de ce nom dans le monde. Tu vois, Gilles, VINCI est rentré dans les clous du financement prévu mais avec un aéroport Low Cost comme les compagnies qui traitent leurs salariés comme du bétail et si, par malheur cet aéroport se faisait nous serions particulièrement vigilants au personnel utilisé pour le construire car il n'est pas impossible que, comme aux chantiers de STX de Saint Nazaire, VINCI puisse utiliser la directive Bolkestein à son profit en faisant travailler des personnes payées à coup de pied dans le derrière mais je suis sûr que, sur ce point, vous seriez aussi vigilants.


Et Bravo encore pour ton soutien au très beau projet du Tram-Train qui va rendre bien des services et tout le monde l'attend avec impatience même si les retards semblent s'accumuler.


amicalement,


Bertrand VRAIN,
conseiller municipal Alternatif de Nantes

lundi 18 octobre 2010

Plan de financement de l'aéroport de Notre Dame des landes en débat au Conseil de Nantes Métropole du 18 octobre - Le non des élu-e-s alternatifs

Notre Dame des Landes, à quand le crash ? - Intervention de Bertrand Vrain


Avant de commencer, je voudrais vous dire comment j’ai été choqué par le dispositif policier impressionnant ; nous n’avons pas l’habitude de délibérer sous la protection des Robocops. Je trouve tout ça infâmant.


Avec la délibération que vous nous demandez de voter, nous basculons dans l’inconnu. L’inconnu au niveau financier. L’inconnu au niveau de l’emploi. L’inconnu au niveau de l’aménagement du territoire.L’inconnue financière se cache derrière les tableaux des annexes à la convention Etat-Collectivités qui s’engagent pour la bagatelle de 246 M€ dont 115,5 M€ pour nos trois collectivités locales. Certains prétendent, comme le Président du Conseil Général, que c’est pas cher puisque ça représenterait 1,5 € par an et par habitant et Monsieur le Président, vous nous avez dit que cela représenterait 1 pour Mille du budget de Nantes-Métropole ; ce tour d’illusionniste ne trompe que ceux qui y croient : on pourrait dire la même chose pour tout investissement et on sait que ces 245 M€ d’argent public correspondent aujourd’hui à deux lignes de tram de 7 Km, une trentaine d’écoles ou de crèches, une dizaine de ponts urbains sur la Loire ou encore la participation de Nantes-Métropole à plus de 25 000 logements sociaux ou encore 10 fois notre participation aux opérations ANRU en cours sur Nantes et Saint-Herblain.


Or, de ces services publics, de ces aménagements, les habitants de nos communes en ont besoin. L’argent public ne peut servir deux fois. Et vous nous demandez de ratifier le financement d’un projet qui n’a aucune utilité. Dans une contribution subtilement intitulée «L’aéroport de NDDL : un projet du passé, un projet dépassé ?» M. Jean Renard, vice président du Conseil de Développement écrit, je le cite : « Ce projet a été imaginé à la fin des 30 glorieuses, lorsque les questions environnementales et le développement durable n’étaient pas à l’ordre du jour ». Le début des années 70 c’était l’époque du pompidolisme triomphant. Le pétrole était à 4 $ le baril, il est actuellement autour de 85 $ alors que le monde capitaliste est en pleine crise économique. Dois-je rappeler que le débat public sur NDDL date de 2003, alors que le prix du pétrole était à 25 $. A combien sera-t-il dans 30 ans ? A 3 chiffres, c’est sûr, et dont le premier sera supérieur à 1. Alors quel crédit accorder à la fiabilité des études prospectives d’experts qui ont basé leurs hypothèses sur un baril à 60 $ … en 2025 ? Mieux vaut en rire avant d’en pleurer ?


En matière de coût, de nombreux documents ne nous ont pas été transmis : l’accord entre l’Etat et le groupe Vinci ? Le Cahier des Charges ? Le « plan d’affaire de référence » mentionné dans la délibération et les annexes et sur lequel est basé tout l’équilibre économique ? Comment pouvons juger des contributions publiques alors que ces documents fondamentaux sont sous le boisseau ? Toute opacité sur ce dossier nourrit à juste titre la suspicion. Nous vous demandons la transmission de ces documents avant de soumettre au vote cette délibération, car il est bien sûr essentiel de savoir sur quelles hypothèses et sur quel modèle économique ce projet est bâti. Est-ce celui des compagnies low-cost qui ont finalement déserté Poitiers, Clermont Ferrand, Caen, Reims ou Deauville ? Ne faisons pas l’autruche, du moins dans les rangs de la gauche, en faisant semblant d’ignorer que ces entreprises ont décidé de bafouer notre législation sociale en appliquant la directive services de l’UE, fille de la fameuse directive Bolkestein. Tout comme Easyjet ou Cityjet, filiale d’Air-France-KLM, c’est ce que vient de faire Ryanair à Marseille. Et, lamentablement, le maire UMP crie à l’irresponsabilité des syndicats !


Je n’ai guère le temps d’évoquer l’arlésienne des accès par voie ferrée, jugée par le ministre Borloo, je le cite « indispensable dès l’ouverture » et par notre collègue Gillaizeau « un préalable à la réalisation ». La LGV Rennes-Nantes, coût autour de 2 Md€, est dans les cartons et risque d’y rester longtemps. La réponse du berger à la bergère, par la voix du Président Patrick Mareschal est : le Tram-train est trop cher, 140 M€, « on ne pourra pas se payer les deux » mais si on reprend son discours déjà évoqué, ça ne ferait que 3 € par an et par habitant ! Quelle dérision !


Mes chers collègues, je vous l’affirme, l’équilibre économique qui vous est présenté fondra comme neige au soleil et là, non seulement, au revoir les avances dites remboursables, mais les collectivités locales seront obligées de mettre une nouvelle fois la main à la poche parce qu’il sera inimaginable de fermer le seul aéroport qui desservirait la région nantaise.


Le projet de nouvel aéroport détruit 2000 ha d’un patrimoine écologique remarquable. Il est une épée de Damoclès sur les milliers d’emplois chez Airbus et les sous traitants avec les valses de déclarations contradictoires sur le maintien de la piste de Nantes-Atlantique. Et que dire des 1000 à 2000 emplois délocalisés du Sud au Nord ? Aéroport HQE, dites-vous, mais, le coût de transport des personnes délocalisées ne sera pas supporté par le concessionnaire mais par les salariés eux-mêmes qui feront, en voiture bien entendu, en moyenne, tous les jours, plus de 60 Km. Quel bel exemple d’un déséquilibrage Nord-Sud pourtant déjà important, quel bel exemple d’un projet écologique qu’aucun écolo ne soutient ! Tout ça alors que notre aéroport actuel répond à tous les besoins actuels et prévisibles, voyez des plateformes comparables en surface à Nantes Atlantique et à une seule piste, Genève 11 Mpax, San Diego, 17, Gatewick 35 et avec un nombre de mouvements 4 à 7 fois plus importants. Et si les compagnies piaffaient d’impatience d’ouvrir en nombre des lignes régulières à l’international, ça se saurait.


Mes chers collègues, les décisions que nous allons prendre sont très lourdes de conséquences : non seulement, ce projet d’un équipement qui devrait être public est irréalisable financièrement sans l’appui des collectivités, comme c’est d’ailleurs aujourd’hui le cas pour Nantes-Atlantique dont l’équilibre n’est trouvé que grâce à l’apport des parkings voitures et à la quasi absence d’investissement. Il menace l’aménagement du territoire et l’emploi durable. Et il nous met à la solde, d’abord du groupe Vinci, mais aussi des compagnies aériennes qui viendront ou s’en iront, au gré des chantages aux renoncements sociaux et aux demandes de subventions auprès des collectivités.


Construire un aéroport à Notre Dame des Landes, contre la volonté de ses habitants et de ses élus soulignons-le, est emblématique d’un développement non soutenable, à l’image d’une société de gaspillage dont nous ne voulons pas. Le vote d’aujourd’hui sera sans doute sans surprise. Pour nous, il ne changera pas notre opposition, politique et citoyenne, à l’image du vote du Sénat sur les retraites mercredi prochain. Avec la quarantaine d’organisations regroupées dans la coordination, avec l’association des pilotes professionnels actifs opposés au projet, avec l’association des près de 1000 élus qui doutent de sa pertinence, avec surtout les milliers d’habitants de Nantes Métropole et du département qui se démènent pour que grandissent chaque jour la mobilisation citoyenne, nous continuerons à tout faire pour que cet aéroport ne voit jamais le jour.

vendredi 15 octobre 2010

Conseil municipal du 8 octobre - intervention des élu-e-s du groupe Alternatifs-UDB

Demande du label Cit'ergie


Notre décision de nous engager dans la démarche Cit'ergie traduit bien nos orientations en matière énergétique. Il ne faudrait pas, en effet, y voire un simple effet d'annonce. Les objectifs, quantifiés, que nous nous imposons, sont ambitieux. 20% d'économies d'énergie sur dix ans associé à un doublement de la part des énergies renouvelables ce n'est pas rien.
Soyons modestes, cependant, car si ces objectifs sont effectivement ambitieux, il nous faudra les dépasser si nous voulons faire face aux défis majeurs qui nous attendent. Il nous faudra, en effet, réduire de manière substantielle les émissions de gaz carbonique liées aux déplacement, et notre nouveau PDU va nous y aider de manière conséquente. Il nous faudra, aussi, réduire les émissions liées au logement. Si, en effet, la nouvelle réglementation impose une norme stricte de 50 kwh par an et par m² pour toutes les nouvelles constructions, le logement ancien, qui continue à constituer l'essentiel de notre parc, reste énergivore.


Il nous faut donc redoubler d'effort. L'augmentation prévisible des prix de l'énergie ne nous laisse d'ailleurs guère le choix. Je rappelle que le pétrole, qui était à moins de dix dollars le baril à la fin du siècle dernier et à 23 dollars en 2003 a récemment dépassé les quatre-vingt dollars le baril, et ce alors que nous vivons une crise économique sans précédent. Le volontarisme dont la démarche Cit'ergie est la manifestation va dans le bon sens, mais il ne faut pas relâcher notre effort
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Nouvelle politique tarifaire pour les services d'accueils périscolaires des écoles publiques



Nous nous réjouissons de cette refonte de nos tarifs. Nantes est une des villes les plus en pointe en matière d'accueil périscolaire. On sait à quel point il est important de pouvoir faire accueillir ses enfants pour des parents dont les horaires de travail ne coïncident pas nécessairement avec ceux de l'école. Nous sommes contre la gratuité généralisée de ce service public, cependant il doit contribuer à une forme de redistribution par le biais d'un tarif progressif. La progressivité du tarif est, dans ce domaine comme dans d'autres, une exigence démocratique. Le précédent tarif y satisfaisait, mais il produisait des effets de seuils que le lissage que nous proposons élimine. Nous nous en réjouissons d'autant plus qu'il y a une réelle différence entre les tranches les plus basses et les plus élevées. Un ménage très aisé paiera sept fois plus qu'un autre gagnant le SMIC.


Il est important de limiter à 5 € le tarif le plus élevé pour s'assurer que les enfants des milieux les plus aisés utiliseront aussi ce service. La mixité sociale au restaurant scolaire est aussi importante que dans les classes. Je rappellerai seulement qu'un couple avec deux enfants se situant en haut de la tranche quatre a un revenu de prés de 4.100 € par mois. Selon les statistiques de l'INSEE, plus de 80% des ménages français gagnent moins. Quant à la dernière tranche, ceux qui s'y trouvent font partie des 5% les plus hauts revenus. Ce dispositif participe de la distribution des revenus que nous appelons de nos voeux. Nous l'approuvons donc.

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Dénomination d’une voie publique - A propos de Lucien Guitteny



Intervention de Louisette Guibert


Je suis personnellement heureuse de voir le nom de Lucien Guitteny inscrit dans l’espace de la ville. Lorsque j’ai été nommée inspectrice de l’Education Nationale sur Nantes Nord en 1979, le père Guitteny, comme on l’appelait, a largement guidé mon action sur ce quartier. C’est ainsi que je suis devenue très rapidement administratrice de l’APS (association de prévention spécialisée) pour assurer le lien entre la réussite scolaire et la prévention de la délinquance, et ce militantisme a été pour moi déterminant pour ma pratique professionnelle et la conception de l’école ouverte sur le quartier qu’elle m’a aidé à construire.


Nommé Directeur du groupe scolaire de la Géraudière à la fin des années 50, Lucien Guitteny a eu dès le départ un seul et grand objectif : favoriser la réussite scolaire et l’épanouissement culturel du plus grand nombre. Pour cela il veillera sans cesse à maintenir le brassage socioculturel de ses élèves puisque son école était située à la jonction de plusieurs types d’habitat : un lotissement résidentiel, les HLM et Castors de la Boissière, les baraquements du Chêne des Anglais dénommée Cité d’urgence. Pour lutter contre la stigmatisation et la marginalisation de cette population sous-prolétarisée dont étaient issus une partie de ses élèves, Lucien Guitteny s’engagera comme administrateur dans les C.A.E. (Centres d’Action Educative), l’association de Prévention Spécialisée chargée d’animer le Club « les Gerbes » qui accueillait les enfants et adolescents de la Cité lors de leur temps libre. Dans le même esprit, il sera avec l’appui de certains de ses collègues de l’école de la Géraudière à l’origine des premiers Centres Aérés à la Pervenchère.


Dans le cadre des C.A.E., il stimulera l’action et la réflexion des équipes d’éducateurs(trices) en proposant de considérer les jeunes comme « agents porteurs du milieu », à la fois en raison de leur propre dynamisme mais aussi malgré leurs difficultés sociales à cause de l’investissement des adultes en mesure de se dépasser pour le bien-être de leurs enfants. Sur la base de cette orientation socioéducative naîtra un mode d’action communautaire qui marquera au niveau nantais comme au niveau national tant le travail social que la lutte contre la délinquance juvénile. Il permettra notamment d’enclencher une mobilisation collective des habitants de la cité du Chêne des Anglais afin que, malgré la faiblesse des revenus, nul ne soit oublié et que chaque famille dispose d’un logement individuel ou collectif lors du relogement de la Cité d’urgence dans les HLM de la Petite Sensive. Organisation collective qui aujourd’hui ne s’est toujours pas démentie puisque le Comité d’Action de la Petite Sensive vient de fêter son 40ème anniversaire.


Lucien Guitteny en ouvrant l’école sur le quartier, en associant les parents à la réussite de leurs enfants, en mettant en œuvre l’action communautaire, a inventé le militantisme à la nantaise, qu’il en soit remercié.

samedi 25 septembre 2010

Les Roms parias aussi à Nantes ?


Le Président de Nante Métropole va enfin recevoir l’association Romeurope. Il était temps car le climat se dégrade dans une atmosphère de ségrégation nauséabonde causée par la politique à caractère raciste du gouvernement qui ne peut que rappeler une époque sinistre de notre histoire.


Cela fait de longtemps que des élu-e-s Alternatifs de Nantes réclament la tenue d’une table ronde, conformément à la demande de Romeurope et nous avons envoyé, avec les élus Verts, un courrier à Jean-Marc Ayrault en ce sens il y a plusieurs mois.


Nous le disons et le répétons, la politique systématique d’évacuation, souvent musclée, des terrains occupés n’est pas une solution. Les communes de Sainte-Luce et Indre ont montré que d’autres pratiques sont possibles.


Si 3 sites d’accueil ont bien été aménagés dans l’agglomération en 2005 et 2006, le dispositif d’accueil reste très insuffisant et il conviendrait d’opérer avec fermeté vis-à-vis des maires des communes qui ne veulent pas respecter la loi Louis Besson. Et ils sont nombreux dans la métropole puisque 17 communes sur 24 ont plus de 5000 habitants.


Les élu-e-s Alternatifs regrettent également la récente décision de la Ville de Nantes de faire appel de la décision du Tribunal de Grande Instance la condamnant à verser 300€ d’indemnités à chacun des 29 Roms expulsés. Au-delà du côté cynique vis-à-vis de personnes en situation d’extrême précarité, cette décision conforte, qu’on le veuille ou non, la politique de stigmatisation véhiculée par le gouvernement. Nantes, ville solidaire, n'a pas à jouer les supplétifs du Ministre de l'Intérieur !

Bertrand Vrain

vendredi 6 août 2010

Claude PROU


Une grande dame de la solidarité nous a quittés.

Militante socialiste de longue date, Claude PROU était d’abord une indignée permanente face aux injustices. Elue municipale à Nantes de 1977 à 1983, puis de 1989 1995, elle a toujours su mettre cette sensibilité et ses convictions de femme de gauche au service des opprimé-e-s et des victimes des accidents de la vie.

Son humanité et sa détermination vont nous manquer mais son exemple demeurera à jamais dans la mémoire de nombreux nantais-es.

François Préneau (ex-élu municipal nantais de 1989 à 2001)

lundi 31 mai 2010

Projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : quand la démocratie formelle combat la démocratie réelle !

Le projet est vieux de 40 ans ; les oppositions sont aussi anciennes que lui et Les Alternatifs sont une des parties prenantes du mouvement depuis le début. Le processus formel, de « débat public » a eu lieu en 2003, une enquête publique et une déclaration d’utilité publique en 2008, évidemment conforme aux conclusions de la commission d’enquête en évitant de répondre aux réserves qui y étaient incluses. Celles-ci précisaient, entre autres, que le projet était un pari sur l’avenir. Elles tombaient à pic, juste avant l’envolée du prix du pétrole à près de 150 $ le baril en 2008 après avoir été autour de 25 $ en 2003, au moment du débat public, pour se situer aujourd’hui, en pleine crise économique mondiale, à 90 $. A ce rythme, des paris, il y en a et ce n’est pas fini.

Ce projet, soutenu par les présidents socialistes de Nantes-métropole et Maire de Nantes, du Conseil Général de Loire-Atlantique, et du Conseil Régional des Pays de la Loire, a fait l’objet de délibérations dans les 3 conseils pour assurer un équilibre financier à l’entreprise délégataire du Partenariat Public Privé retenu incessamment pour assurer non seulement la construction de l’infrastructure mais aussi l’exploitation pour 55 ans. Ces délibérations précisent qu’en cas de retour à meilleure fortune, c'est-à-dire des bénéfices pour l’exploitant, il pourra rembourser ces aides des collectivités locales. C’est ce qu’on appelle la socialisation des pertes car chacun imagine la pertinence des prévisions économiques qui sous tendent l’équilibre économique du projet pour 55 ans, alors que le baril de brut sera à 150 $, 200 $, 500 $ ou, pourquoi pas 1 000 $, soit 6 fois le prix de 2008 qui, lui-même était 6 fois celui de 2003.

Dans notre monde du transport aérien, complètement libéralisé, les compagnies ne prendront pas de gant pour fuir une plateforme ou une autre comme elles l’ont fait à Clermont-Ferrand ou comme elles menacent de le faire à Marseille si le dumping social qu’elles mettent en œuvre ne peut pas se faire comme elles le souhaitent ; le capitalisme n’a pas de morale, il n’a que des intérêts. Et dire que les socialistes soutiennent ce type de développement !

Bien entendu, en plus des élus communistes et UMP, les majorités socialistes des trois collectivités suivent, le doigt sur la couture du pantalon, les directives des présidents, tant la trouille de ne pas être soutenu par l’appareil socialiste pour les prochaines élections est prégnante ; soutien à l’unanimité ou presque puisque quelques élus courageux refusent ce chantage et s’opposent publiquement au projet comme les élus Alternatifs, Verts, et … MODEM.

L’opposition s’est structurée et démonte les arguments des promoteurs du projet, partout, comme nous l’avons fait pour le TCE, dans les villes et les campagnes. Si bien que, petit à petit, non seulement les agriculteurs et riverains de Notre-Dame-des-Landes se lèvent en masse mais aussi plus de 600 élus et même des pilotes professionnels et de nombreux habitants, y compris autour de la plateforme actuelle de Nantes-Atlantique qui subissent pourtant des nuisances sonores.

Nos édiles socialistes n’ont pourtant pas jugé utile de réorganiser un nouveau débat public alors que les éléments de base du débat de 2003 ont changé du tout au tout. Pire, ils refusent de provoquer une étude indépendante sur l’opportunité du projet et les solutions alternatives permettant de réduire les nuisances actuelles liées à l’orientation de la piste de Nantes-Atlantique.

Les arguments des porteurs du projet s’affaissent sous la critique, les uns après les autres : la soi-disante saturation de la plateforme actuelle, les risques liés au survol de Nantes, déniés par les pilotes professionnels, les perspectives pharaoniques avancées de développement du secteur aérien. Le projet implique pourtant la stérilisation de plus de 2 000 ha de terres et la perte d’un bassin agricole dynamique en zone péri-urbaine ainsi qu’une zone de biodiversité exceptionnelle, il fragilise des emplois au Sud Loire et le site Airbus proche de la plate-forme actuelle (2000 emplois) et il implique des investissements colossaux sans prouver son utilité sociale, il aggrave l’étalement urbain au nord de l’agglomération et il porte des risques d’inondations dans des zones urbanisées. Mais rien n’y fait.

Que les opposants tiennent une vigie devant le Conseil Général depuis un an et demi, vigie transportée le 5 mai devant l’assemblée nationale au moment de la discussion du Grenelle 2, avec l’appui des Alternatifs, qu’ils réclament à corps et à cri cette étude indépendante, qu’ils argumentent, qu’ils interpellent, rien n’y fait. Les présidents restent droit dans leurs bottes : circuler, il n’y a rien à discuter, le débat a eu lieu, Notre-Dame-des-Landes se fera, comme dit Jean-Louis Borloo. Le seul débat en Conseil municipal de Nantes, avec l’appui zélé de l’émissaire de la préfecture, a été provoqué à la demande de l’opposition de droite et en application du règlement intérieur, un comble ! Le débat au sein du Conseil Général a tout droit conduit son président à pousser une élue opposée au projet à rendre sa délégation. Mais, comme toute opposition condamne son auteur à rester un élu « de base », c'est-à-dire sans pouvoir sinon celui de parler, l’éviction du seul opposant au bureau du syndicat mixte d’études dédié au projet laisse rêveur lorsqu’on sait qu’il s’agissait du représentant unique de la Communauté de Communes d’Erdre et Gesvres sur laquelle est précisément situé le projet.

Ainsi, la démocratie formelle et administrative du projet se déroule inexorablement, sourde aux argumentaires et à la démocratie de terrain.

Mais l’opposition au projet et la mise en avant des propositions alternatives se renforcent : le Dixième rassemblement contre le projet à Notre-Dame-des-Landes se déroulera les 2, 3 et 4 juillet 2010 au lieu-dit LE LIMIMBOUT avec :

• Vendredi 2 juillet : 3ème édition du festival de musique «Le Plancher des Vaches » (rock et textes militants, reggae dub, rock country)

• Samedi 3 juillet : stands d’information, diaporama et conférences : écologie, social, économie…Délocalisation/relocalisation

• Dimanche 4 juillet : 10e pique-nique des opposants et après-midi musicale


Bertrand Vrain, conseiller municipal Alternatif de Nantes