lundi 18 octobre 2010
Plan de financement de l'aéroport de Notre Dame des landes en débat au Conseil de Nantes Métropole du 18 octobre - Le non des élu-e-s alternatifs
Avant de commencer, je voudrais vous dire comment j’ai été choqué par le dispositif policier impressionnant ; nous n’avons pas l’habitude de délibérer sous la protection des Robocops. Je trouve tout ça infâmant.
Avec la délibération que vous nous demandez de voter, nous basculons dans l’inconnu. L’inconnu au niveau financier. L’inconnu au niveau de l’emploi. L’inconnu au niveau de l’aménagement du territoire.L’inconnue financière se cache derrière les tableaux des annexes à la convention Etat-Collectivités qui s’engagent pour la bagatelle de 246 M€ dont 115,5 M€ pour nos trois collectivités locales. Certains prétendent, comme le Président du Conseil Général, que c’est pas cher puisque ça représenterait 1,5 € par an et par habitant et Monsieur le Président, vous nous avez dit que cela représenterait 1 pour Mille du budget de Nantes-Métropole ; ce tour d’illusionniste ne trompe que ceux qui y croient : on pourrait dire la même chose pour tout investissement et on sait que ces 245 M€ d’argent public correspondent aujourd’hui à deux lignes de tram de 7 Km, une trentaine d’écoles ou de crèches, une dizaine de ponts urbains sur la Loire ou encore la participation de Nantes-Métropole à plus de 25 000 logements sociaux ou encore 10 fois notre participation aux opérations ANRU en cours sur Nantes et Saint-Herblain.
Or, de ces services publics, de ces aménagements, les habitants de nos communes en ont besoin. L’argent public ne peut servir deux fois. Et vous nous demandez de ratifier le financement d’un projet qui n’a aucune utilité. Dans une contribution subtilement intitulée «L’aéroport de NDDL : un projet du passé, un projet dépassé ?» M. Jean Renard, vice président du Conseil de Développement écrit, je le cite : « Ce projet a été imaginé à la fin des 30 glorieuses, lorsque les questions environnementales et le développement durable n’étaient pas à l’ordre du jour ». Le début des années 70 c’était l’époque du pompidolisme triomphant. Le pétrole était à 4 $ le baril, il est actuellement autour de 85 $ alors que le monde capitaliste est en pleine crise économique. Dois-je rappeler que le débat public sur NDDL date de 2003, alors que le prix du pétrole était à 25 $. A combien sera-t-il dans 30 ans ? A 3 chiffres, c’est sûr, et dont le premier sera supérieur à 1. Alors quel crédit accorder à la fiabilité des études prospectives d’experts qui ont basé leurs hypothèses sur un baril à 60 $ … en 2025 ? Mieux vaut en rire avant d’en pleurer ?
En matière de coût, de nombreux documents ne nous ont pas été transmis : l’accord entre l’Etat et le groupe Vinci ? Le Cahier des Charges ? Le « plan d’affaire de référence » mentionné dans la délibération et les annexes et sur lequel est basé tout l’équilibre économique ? Comment pouvons juger des contributions publiques alors que ces documents fondamentaux sont sous le boisseau ? Toute opacité sur ce dossier nourrit à juste titre la suspicion. Nous vous demandons la transmission de ces documents avant de soumettre au vote cette délibération, car il est bien sûr essentiel de savoir sur quelles hypothèses et sur quel modèle économique ce projet est bâti. Est-ce celui des compagnies low-cost qui ont finalement déserté Poitiers, Clermont Ferrand, Caen, Reims ou Deauville ? Ne faisons pas l’autruche, du moins dans les rangs de la gauche, en faisant semblant d’ignorer que ces entreprises ont décidé de bafouer notre législation sociale en appliquant la directive services de l’UE, fille de la fameuse directive Bolkestein. Tout comme Easyjet ou Cityjet, filiale d’Air-France-KLM, c’est ce que vient de faire Ryanair à Marseille. Et, lamentablement, le maire UMP crie à l’irresponsabilité des syndicats !
Je n’ai guère le temps d’évoquer l’arlésienne des accès par voie ferrée, jugée par le ministre Borloo, je le cite « indispensable dès l’ouverture » et par notre collègue Gillaizeau « un préalable à la réalisation ». La LGV Rennes-Nantes, coût autour de 2 Md€, est dans les cartons et risque d’y rester longtemps. La réponse du berger à la bergère, par la voix du Président Patrick Mareschal est : le Tram-train est trop cher, 140 M€, « on ne pourra pas se payer les deux » mais si on reprend son discours déjà évoqué, ça ne ferait que 3 € par an et par habitant ! Quelle dérision !
Mes chers collègues, je vous l’affirme, l’équilibre économique qui vous est présenté fondra comme neige au soleil et là, non seulement, au revoir les avances dites remboursables, mais les collectivités locales seront obligées de mettre une nouvelle fois la main à la poche parce qu’il sera inimaginable de fermer le seul aéroport qui desservirait la région nantaise.
Le projet de nouvel aéroport détruit 2000 ha d’un patrimoine écologique remarquable. Il est une épée de Damoclès sur les milliers d’emplois chez Airbus et les sous traitants avec les valses de déclarations contradictoires sur le maintien de la piste de Nantes-Atlantique. Et que dire des 1000 à 2000 emplois délocalisés du Sud au Nord ? Aéroport HQE, dites-vous, mais, le coût de transport des personnes délocalisées ne sera pas supporté par le concessionnaire mais par les salariés eux-mêmes qui feront, en voiture bien entendu, en moyenne, tous les jours, plus de 60 Km. Quel bel exemple d’un déséquilibrage Nord-Sud pourtant déjà important, quel bel exemple d’un projet écologique qu’aucun écolo ne soutient ! Tout ça alors que notre aéroport actuel répond à tous les besoins actuels et prévisibles, voyez des plateformes comparables en surface à Nantes Atlantique et à une seule piste, Genève 11 Mpax, San Diego, 17, Gatewick 35 et avec un nombre de mouvements 4 à 7 fois plus importants. Et si les compagnies piaffaient d’impatience d’ouvrir en nombre des lignes régulières à l’international, ça se saurait.
Mes chers collègues, les décisions que nous allons prendre sont très lourdes de conséquences : non seulement, ce projet d’un équipement qui devrait être public est irréalisable financièrement sans l’appui des collectivités, comme c’est d’ailleurs aujourd’hui le cas pour Nantes-Atlantique dont l’équilibre n’est trouvé que grâce à l’apport des parkings voitures et à la quasi absence d’investissement. Il menace l’aménagement du territoire et l’emploi durable. Et il nous met à la solde, d’abord du groupe Vinci, mais aussi des compagnies aériennes qui viendront ou s’en iront, au gré des chantages aux renoncements sociaux et aux demandes de subventions auprès des collectivités.
Construire un aéroport à Notre Dame des Landes, contre la volonté de ses habitants et de ses élus soulignons-le, est emblématique d’un développement non soutenable, à l’image d’une société de gaspillage dont nous ne voulons pas. Le vote d’aujourd’hui sera sans doute sans surprise. Pour nous, il ne changera pas notre opposition, politique et citoyenne, à l’image du vote du Sénat sur les retraites mercredi prochain. Avec la quarantaine d’organisations regroupées dans la coordination, avec l’association des pilotes professionnels actifs opposés au projet, avec l’association des près de 1000 élus qui doutent de sa pertinence, avec surtout les milliers d’habitants de Nantes Métropole et du département qui se démènent pour que grandissent chaque jour la mobilisation citoyenne, nous continuerons à tout faire pour que cet aéroport ne voit jamais le jour.
vendredi 15 octobre 2010
Conseil municipal du 8 octobre - intervention des élu-e-s du groupe Alternatifs-UDB
Notre décision de nous engager dans la démarche Cit'ergie traduit bien nos orientations en matière énergétique. Il ne faudrait pas, en effet, y voire un simple effet d'annonce. Les objectifs, quantifiés, que nous nous imposons, sont ambitieux. 20% d'économies d'énergie sur dix ans associé à un doublement de la part des énergies renouvelables ce n'est pas rien.
Soyons modestes, cependant, car si ces objectifs sont effectivement ambitieux, il nous faudra les dépasser si nous voulons faire face aux défis majeurs qui nous attendent. Il nous faudra, en effet, réduire de manière substantielle les émissions de gaz carbonique liées aux déplacement, et notre nouveau PDU va nous y aider de manière conséquente. Il nous faudra, aussi, réduire les émissions liées au logement. Si, en effet, la nouvelle réglementation impose une norme stricte de 50 kwh par an et par m² pour toutes les nouvelles constructions, le logement ancien, qui continue à constituer l'essentiel de notre parc, reste énergivore.Il nous faut donc redoubler d'effort. L'augmentation prévisible des prix de l'énergie ne nous laisse d'ailleurs guère le choix. Je rappelle que le pétrole, qui était à moins de dix dollars le baril à la fin du siècle dernier et à 23 dollars en 2003 a récemment dépassé les quatre-vingt dollars le baril, et ce alors que nous vivons une crise économique sans précédent. Le volontarisme dont la démarche Cit'ergie est la manifestation va dans le bon sens, mais il ne faut pas relâcher notre effort
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Nouvelle politique tarifaire pour les services d'accueils périscolaires des écoles publiques
Nous nous réjouissons de cette refonte de nos tarifs. Nantes est une des villes les plus en pointe en matière d'accueil périscolaire. On sait à quel point il est important de pouvoir faire accueillir ses enfants pour des parents dont les horaires de travail ne coïncident pas nécessairement avec ceux de l'école. Nous sommes contre la gratuité généralisée de ce service public, cependant il doit contribuer à une forme de redistribution par le biais d'un tarif progressif. La progressivité du tarif est, dans ce domaine comme dans d'autres, une exigence démocratique. Le précédent tarif y satisfaisait, mais il produisait des effets de seuils que le lissage que nous proposons élimine. Nous nous en réjouissons d'autant plus qu'il y a une réelle différence entre les tranches les plus basses et les plus élevées. Un ménage très aisé paiera sept fois plus qu'un autre gagnant le SMIC.
Il est important de limiter à 5 € le tarif le plus élevé pour s'assurer que les enfants des milieux les plus aisés utiliseront aussi ce service. La mixité sociale au restaurant scolaire est aussi importante que dans les classes. Je rappellerai seulement qu'un couple avec deux enfants se situant en haut de la tranche quatre a un revenu de prés de 4.100 € par mois. Selon les statistiques de l'INSEE, plus de 80% des ménages français gagnent moins. Quant à la dernière tranche, ceux qui s'y trouvent font partie des 5% les plus hauts revenus. Ce dispositif participe de la distribution des revenus que nous appelons de nos voeux. Nous l'approuvons donc.
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Dénomination d’une voie publique - A propos de Lucien Guitteny
Intervention de Louisette Guibert
Je suis personnellement heureuse de voir le nom de Lucien Guitteny inscrit dans l’espace de la ville. Lorsque j’ai été nommée inspectrice de l’Education Nationale sur Nantes Nord en 1979, le père Guitteny, comme on l’appelait, a largement guidé mon action sur ce quartier. C’est ainsi que je suis devenue très rapidement administratrice de l’APS (association de prévention spécialisée) pour assurer le lien entre la réussite scolaire et la prévention de la délinquance, et ce militantisme a été pour moi déterminant pour ma pratique professionnelle et la conception de l’école ouverte sur le quartier qu’elle m’a aidé à construire.
Nommé Directeur du groupe scolaire de la Géraudière à la fin des années 50, Lucien Guitteny a eu dès le départ un seul et grand objectif : favoriser la réussite scolaire et l’épanouissement culturel du plus grand nombre. Pour cela il veillera sans cesse à maintenir le brassage socioculturel de ses élèves puisque son école était située à la jonction de plusieurs types d’habitat : un lotissement résidentiel, les HLM et Castors de la Boissière, les baraquements du Chêne des Anglais dénommée Cité d’urgence. Pour lutter contre la stigmatisation et la marginalisation de cette population sous-prolétarisée dont étaient issus une partie de ses élèves, Lucien Guitteny s’engagera comme administrateur dans les C.A.E. (Centres d’Action Educative), l’association de Prévention Spécialisée chargée d’animer le Club « les Gerbes » qui accueillait les enfants et adolescents de la Cité lors de leur temps libre. Dans le même esprit, il sera avec l’appui de certains de ses collègues de l’école de la Géraudière à l’origine des premiers Centres Aérés à la Pervenchère.
Dans le cadre des C.A.E., il stimulera l’action et la réflexion des équipes d’éducateurs(trices) en proposant de considérer les jeunes comme « agents porteurs du milieu », à la fois en raison de leur propre dynamisme mais aussi malgré leurs difficultés sociales à cause de l’investissement des adultes en mesure de se dépasser pour le bien-être de leurs enfants. Sur la base de cette orientation socioéducative naîtra un mode d’action communautaire qui marquera au niveau nantais comme au niveau national tant le travail social que la lutte contre la délinquance juvénile. Il permettra notamment d’enclencher une mobilisation collective des habitants de la cité du Chêne des Anglais afin que, malgré la faiblesse des revenus, nul ne soit oublié et que chaque famille dispose d’un logement individuel ou collectif lors du relogement de la Cité d’urgence dans les HLM de la Petite Sensive. Organisation collective qui aujourd’hui ne s’est toujours pas démentie puisque le Comité d’Action de la Petite Sensive vient de fêter son 40ème anniversaire.
Lucien Guitteny en ouvrant l’école sur le quartier, en associant les parents à la réussite de leurs enfants, en mettant en œuvre l’action communautaire, a inventé le militantisme à la nantaise, qu’il en soit remercié.
samedi 25 septembre 2010
Les Roms parias aussi à Nantes ?
Le Président de Nante Métropole va enfin recevoir l’association Romeurope. Il était temps car le climat se dégrade dans une atmosphère de ségrégation nauséabonde causée par la politique à caractère raciste du gouvernement qui ne peut que rappeler une époque sinistre de notre histoire.
Cela fait de longtemps que des élu-e-s Alternatifs de Nantes réclament la tenue d’une table ronde, conformément à la demande de Romeurope et nous avons envoyé, avec les élus Verts, un courrier à Jean-Marc Ayrault en ce sens il y a plusieurs mois.
Nous le disons et le répétons, la politique systématique d’évacuation, souvent musclée, des terrains occupés n’est pas une solution. Les communes de Sainte-Luce et Indre ont montré que d’autres pratiques sont possibles.
Si 3 sites d’accueil ont bien été aménagés dans l’agglomération en 2005 et 2006, le dispositif d’accueil reste très insuffisant et il conviendrait d’opérer avec fermeté vis-à-vis des maires des communes qui ne veulent pas respecter la loi Louis Besson. Et ils sont nombreux dans la métropole puisque 17 communes sur 24 ont plus de 5000 habitants.
Les élu-e-s Alternatifs regrettent également la récente décision de la Ville de Nantes de faire appel de la décision du Tribunal de Grande Instance la condamnant à verser 300€ d’indemnités à chacun des 29 Roms expulsés. Au-delà du côté cynique vis-à-vis de personnes en situation d’extrême précarité, cette décision conforte, qu’on le veuille ou non, la politique de stigmatisation véhiculée par le gouvernement. Nantes, ville solidaire, n'a pas à jouer les supplétifs du Ministre de l'Intérieur !
Bertrand Vrain
vendredi 6 août 2010
Claude PROU
Une grande dame de la solidarité nous a quittés.
Militante socialiste de longue date, Claude PROU était d’abord une indignée permanente face aux injustices. Elue municipale à Nantes de 1977 à 1983, puis de 1989 1995, elle a toujours su mettre cette sensibilité et ses convictions de femme de gauche au service des opprimé-e-s et des victimes des accidents de la vie.
Son humanité et sa détermination vont nous manquer mais son exemple demeurera à jamais dans la mémoire de nombreux nantais-es.
François Préneau (ex-élu municipal nantais de 1989 à 2001)
lundi 31 mai 2010
Projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : quand la démocratie formelle combat la démocratie réelle !
Le projet est vieux de 40 ans ; les oppositions sont aussi anciennes que lui et Les Alternatifs sont une des parties prenantes du mouvement depuis le début. Le processus formel, de « débat public » a eu lieu en 2003, une enquête publique et une déclaration d’utilité publique en 2008, évidemment conforme aux conclusions de la commission d’enquête en évitant de répondre aux réserves qui y étaient incluses. Celles-ci précisaient, entre autres, que le projet était un pari sur l’avenir. Elles tombaient à pic, juste avant l’envolée du prix du pétrole à près de 150 $ le baril en 2008 après avoir été autour de 25 $ en 2003, au moment du débat public, pour se situer aujourd’hui, en pleine crise économique mondiale, à 90 $. A ce rythme, des paris, il y en a et ce n’est pas fini.Ce projet, soutenu par les présidents socialistes de Nantes-métropole et Maire de Nantes, du Conseil Général de Loire-Atlantique, et du Conseil Régional des Pays de la Loire, a fait l’objet de délibérations dans les 3 conseils pour assurer un équilibre financier à l’entreprise délégataire du Partenariat Public Privé retenu incessamment pour assurer non seulement la construction de l’infrastructure mais aussi l’exploitation pour 55 ans. Ces délibérations précisent qu’en cas de retour à meilleure fortune, c'est-à-dire des bénéfices pour l’exploitant, il pourra rembourser ces aides des collectivités locales. C’est ce qu’on appelle la socialisation des pertes car chacun imagine la pertinence des prévisions économiques qui sous tendent l’équilibre économique du projet pour 55 ans, alors que le baril de brut sera à 150 $, 200 $, 500 $ ou, pourquoi pas 1 000 $, soit 6 fois le prix de 2008 qui, lui-même était 6 fois celui de 2003.
Dans notre monde du transport aérien, complètement libéralisé, les compagnies ne prendront pas de gant pour fuir une plateforme ou une autre comme elles l’ont fait à Clermont-Ferrand ou comme elles menacent de le faire à Marseille si le dumping social qu’elles mettent en œuvre ne peut pas se faire comme elles le souhaitent ; le capitalisme n’a pas de morale, il n’a que des intérêts. Et dire que les socialistes soutiennent ce type de développement !
Bien entendu, en plus des élus communistes et UMP, les majorités socialistes des trois collectivités suivent, le doigt sur la couture du pantalon, les directives des présidents, tant la trouille de ne pas être soutenu par l’appareil socialiste pour les prochaines élections est prégnante ; soutien à l’unanimité ou presque puisque quelques élus courageux refusent ce chantage et s’opposent publiquement au projet comme les élus Alternatifs, Verts, et … MODEM.
L’opposition s’est structurée et démonte les arguments des promoteurs du projet, partout, comme nous l’avons fait pour le TCE, dans les villes et les campagnes. Si bien que, petit à petit, non seulement les agriculteurs et riverains de Notre-Dame-des-Landes se lèvent en masse mais aussi plus de 600 élus et même des pilotes professionnels et de nombreux habitants, y compris autour de la plateforme actuelle de Nantes-Atlantique qui subissent pourtant des nuisances sonores.
Nos édiles socialistes n’ont pourtant pas jugé utile de réorganiser un nouveau débat public alors que les éléments de base du débat de 2003 ont changé du tout au tout. Pire, ils refusent de provoquer une étude indépendante sur l’opportunité du projet et les solutions alternatives permettant de réduire les nuisances actuelles liées à l’orientation de la piste de Nantes-Atlantique.
Les arguments des porteurs du projet s’affaissent sous la critique, les uns après les autres : la soi-disante saturation de la plateforme actuelle, les risques liés au survol de Nantes, déniés par les pilotes professionnels, les perspectives pharaoniques avancées de développement du secteur aérien. Le projet implique pourtant la stérilisation de plus de 2 000 ha de terres et la perte d’un bassin agricole dynamique en zone péri-urbaine ainsi qu’une zone de biodiversité exceptionnelle, il fragilise des emplois au Sud Loire et le site Airbus proche de la plate-forme actuelle (2000 emplois) et il implique des investissements colossaux sans prouver son utilité sociale, il aggrave l’étalement urbain au nord de l’agglomération et il porte des risques d’inondations dans des zones urbanisées. Mais rien n’y fait.
Que les opposants tiennent une vigie devant le Conseil Général depuis un an et demi, vigie transportée le 5 mai devant l’assemblée nationale au moment de la discussion du Grenelle 2, avec l’appui des Alternatifs, qu’ils réclament à corps et à cri cette étude indépendante, qu’ils argumentent, qu’ils interpellent, rien n’y fait. Les présidents restent droit dans leurs bottes : circuler, il n’y a rien à discuter, le débat a eu lieu, Notre-Dame-des-Landes se fera, comme dit Jean-Louis Borloo. Le seul débat en Conseil municipal de Nantes, avec l’appui zélé de l’émissaire de la préfecture, a été provoqué à la demande de l’opposition de droite et en application du règlement intérieur, un comble ! Le débat au sein du Conseil Général a tout droit conduit son président à pousser une élue opposée au projet à rendre sa délégation. Mais, comme toute opposition condamne son auteur à rester un élu « de base », c'est-à-dire sans pouvoir sinon celui de parler, l’éviction du seul opposant au bureau du syndicat mixte d’études dédié au projet laisse rêveur lorsqu’on sait qu’il s’agissait du représentant unique de la Communauté de Communes d’Erdre et Gesvres sur laquelle est précisément situé le projet.
Ainsi, la démocratie formelle et administrative du projet se déroule inexorablement, sourde aux argumentaires et à la démocratie de terrain.
Mais l’opposition au projet et la mise en avant des propositions alternatives se renforcent : le Dixième rassemblement contre le projet à Notre-Dame-des-Landes se déroulera les 2, 3 et 4 juillet 2010 au lieu-dit LE LIMIMBOUT avec :
• Vendredi 2 juillet : 3ème édition du festival de musique «Le Plancher des Vaches » (rock et textes militants, reggae dub, rock country)
• Samedi 3 juillet : stands d’information, diaporama et conférences : écologie, social, économie…Délocalisation/relocalisation
• Dimanche 4 juillet : 10e pique-nique des opposants et après-midi musicale
Bertrand Vrain, conseiller municipal Alternatif de Nantes
mercredi 7 avril 2010
Conseil municipal de Nantes du 2 avril 2010 : droits des femmes

Intervention de Louisette Guibert
La Ville s'est engagée depuis déjà de longues années dans des politiques volontaristes pour l'égalité entre les femmes et les hommes.
Je voudrais profiter de cette délibération pour dire mon inquiétude quant à la volonté de l'Etat de mettre en oeuvre les politiques publiques en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes au niveau régional eu égard aux conditions dans lesquelles la nouvelle déléguée régionale a été nommée.
Un peu d'histoire :
En 1978, lors de la nomination de Françoise Giroud, première secrétaire d'Etat à la condition féminine placée auprés du Premier ministre, les féministes sur le terrain se sont mobilisées pour que soient créées des délégations régionales pour une mise en oeuvre opérationnelle des orientations stratégiques d'égalité, et ainsi être les interlocutrices privilégiées des associations et des réseaux militants.
L'idée était de mettre un service sous l'autorité directe des préfets, service dirigé par un cadre, agent de l'Etat catégorie A, ou par un contractuel titulaire d'une licence ou d'une équivalence.
Lors du départ à la retraite de Marie-Françoise Gonin, le préfet a fait appel à candidature et, suite à une étude de dossiers, suivie d'entretiens, une personne a été proposée par le préfet pour nomination par madame Morano comme déléguée régionale aux droits des femmes et à l'égalité.
Or cette personne proposée n'a pas été nommée.
A été nommée Madame Leridant Annick, dont le dossier avait été rejeté en premier examen car elle ne possède pas le niveau licence requis pour ce type de poste.
Compte tenu des conditions dans lesquelles s'est effectuée cette nomination, au mépris des règles concernant le niveau de recrutement et de compétences, cette nomination ne peut être interprétée que comme une dévalorisation de cette fonction.
Les associations qui luttent pour les droits des femmes et tout particulièrement le collectif de vigilance féministe se sont mobilisées dés que des rumeurs ont vu le jour, et ceci sans succès.
Au delà du blocage que vont provoquer les conditions dans lesquelles Madame Leridan a été nommée, cette nomination est très inquiétante pour l'avenir de ce service.
Je rappelle qu'en 2002 nous luttions pour retrouver comme au temps d'Yvette Roudy un ministère des droits des femmes. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un service qui dépend du ministère du travail, des relations sociales et de la solidarité, service qui n'a plus aucune autonomie et est rattaché à la mission solidarité et intégration.
On voit là le chemin parcouru dans le sens d'une disparition de cette politique publique aujourd'hui encore si nécessaire dans un pays où l'égalité de fait est loin d'être atteinte et où une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint.
Pour ma part, j'interprète cette nomination contestable et contestée comme le signe d'une fin programmée du service régional aux droits des femmes et à l'égalité.
Conseil Municipal de Nantes du 2 avril 2010 : l'action éducative

Intervention de Louisette Guibert
Comme on le voit depuis le début de ce débat, la réussite éducative est une responsabilité partagée, partagée avec les premiers éducateurs que sont les parents, partagée avec l'école, partagée avec les associations et et les structures de loisirs, et donc partagée entre les différentes politiques de notre collectivité.
Cette responsabilité partagée s'inscrit dans le respect de la place de chacun des acteurs et de la continuité de la chaine éducative, car sur notre territoire des actions éducatives sont mises en oeuvre bien au delà de nos seules prérogatives réglementaires.
Les actions éducatives mises en place pour permettre :
1.la réussite scolaire :
Il s'agit, en cohérence avec l'école, de soutenir des actions qui aident les enfants et les jeunes à réussir leur scolarité.
2.L'apprentissage de la citoyenneté
L'offre éducative favorise l'apprentissage des règles de vie en société, sans lesquelles l'enfant ou le jeune ne peut se sentir en sécurité. A travers la pratique d'activité , l'élève à l'école, comme l'enfant ou le jeune dans la cité est amené à reconnaître, à respecter, voire à élaborer avec d'autres des règles de vie communes.
3.L'ouverture au monde :
il s'agit d'une valeur fondamentale de l'éducation pour toutes et tous qui se traduit par la rencontre de la diversité et l'élargissement du champs d'expérience.
En élargissant son environnement social et culturel l'offre éducative favorise le partage social, culturel et générationel. C'est un espace de valorisation dans une perspective de reconnaissance de l'autre. Il s'agit aussi de permettre à tous les enfants de découvrir de nouvelles activités, de nouvelles pratiques pour élargir leur horizon culturel.
Quelques exemples de nos actions dans le domaine de l'éducation artistique et culturelle.
Les Actions lecture – écriture sont emblématiques de notre volonté politique : en lien avec la politique de lecture publique développée par les médiathèques et les lieux de lecture associatifs, nous avons mis en place le Centre de Ressources Ville (CRV). Les actions du centre de ressources sont à la fois sur le temps scolaire, en articulation étroite avec l'Education Nationale, mais aussi hors temps scolaire, en accompagnement des enfants les plus éloignés de la lecture.
Trois classes lectures sont organisées chaque année dans des écoles de ZEP ou à favoriser. Pendant deux semaines une classe travaille en lecture / écriture sur un projet avec le centre de ressources qui assure en parallèle une formation de l'équipe éducative de l'école concernée.
Un thème de lecture est choisi pour deux années par le CRV permettant aux classes nantaises volontaires de déposer des projets sur les lieux de lecture et sur le quartier.
Chaque année le CRV invite 5 auteurs jeunesse pour des rencontres à la fois avec les professionnels (bibliothécaires – enseignants – animateurs – personnel petite enfance...), mais aussi des rencontres avec les élèves. Il s'agit de permettre aux enfants d'être en relation avec des personnes dont le métier est d'être écrivain et d'échanger sur l'acte d'écriture.
La culture et les arts est ce qui donne sens aux apprentissages, c'est pourquoi l'éducation culturelle et artistique s'inscrit pleinement dans une politique de réussite éducative volontariste. Rappelons que le capital culturel est ce qui fait la différence dans la réussite scolaire – la « distinction » comme disait Bourdieu.
Nos établissements municipaux, que ce soit le Musée des Beaux Arts, le Museum d'Histoire Naturelle, le Château des Ducs de Bretagne, le Musée Jules Verne, le Planetarium, ont tous des services éducatifs tout à fait exemplaires et proposent des activités culturelles de la maternelle à l'université aux enfants scolarisés à Nantes. Cette part de leur activité est inscrite dans leur projet d'établissement.
Au delà de ces exemples, on peut citer le travail fait dans le cadre des concerts éducatifs mais aussi de la Folle Journée, de Angers Nantes Opéra, des lieux de cultures moins prestigieux comme le Pannonica entretiennent des rapports continus avec des écoles, des collèges et des lycées nantais, de petits lieux comme des galeries d'art associatives développent des actions de proximité. L'art en partage sur les quartiers prioritaires propose des actions de création partagée aux enfants et aux jeunes.
Sans recenser tout ce qui se passe dans le cadre du CEL, je veux juste vous lire un article paru hier sur un atelier l'école Ange Gépin.
Je pourrais citer beaucoup de domaines où la Ville accompagne ou initie des actions éducatives qui concourent à la réussite éducative.
•Actions d'ouverture à l'Europe dans le cadre du partenariat avec Euroécole.
•Les classes de découverte – en 2009, ce sont 1221 élèves nantais qui ont pu bénéficier d'une aide au départ en classes transplantées.
Enfin, comme vous avez pu le lire dans Nantes – Passion, et conformément à notre engagement dans le programme Nantes et Plus, nous nous attelons à une nouvelle étape pour permettre aux familles de scolariser leurs enfants dans une école qui propose une enseignement bilingue français – breton. Il s'agit pour nous de compléter l'offre, dans le cadre du service public en accompagnant l'ouverture d'une nouvelle classe bilingue à l'école des Batignoles, en partenariat avec l'association Div Yezh.
Pour conclure, je souhaite souligner que les actions culturelles sont des actions ouvertes à tous et à toutes avec un soutien privilégié aux publics et aux territoires fragiles, des actions qui articulent les temps scolaires et périscolaires, en lien avec le territoire aux enfants et aux jeunes, de la naissance à l'université des possibilités d'ouverture au monde, d'autonomie et d'épanouissement.
A travers les actions culturelles, notre ambition est grande, il s'agit en proposant à tous les enfants et à tous les jeunes, à chacun et à chacune, une approche sensible et critique du monde qui conjugue la sensibilité aux oeuvres et à leurs contextes, l'approche cognitives des languages et le développement des pratiques personnelles.
Cette approche contribue à la construction progressive de l'identité sociale, civique et culturelle tout en mobilisant et développant l'initiative et l'autonomie des enfants.
Enfin nous espérons qu'elle participe à construire des repères qui fondent une culture humaniste.
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